LETTRE CIRCULAIRE (4)
DU PRESIDENT DE LA COMMISSION LITURGIQUE O. CIST.
POUR LES TEMPS DE L'AVENT ET DE NOËL 2004-2005
PAX
Chers frères et sœurs,
"ECCE ADVENIT DOMINATOR DOMINUS !"
Voyez, il vient, le Souverain, le Seigneur !
Dans sa main sont la puissance et la force.
(Vlg Mal 3,1 ; 1 Chr 29,12)
Par le début d'une nouvelle année liturgique et de l'Avent, nous entrons dans le mystère de la perpétuelle venue du Seigneur (Jean Daniélou). Dans l'histoire de la théologie occidentale, Bernard de Clairvaux, ce saint Père de notre Ordre (+ 1153) a une grande importance pour sa doctrine du triple Avent, c'est-à-dire des trois avènements de Jésus-Christ. Il l'expose avant tout dans ses Sermons pour l'Avent. Ainsi dit-il par exemple dans une allocution : « Dans le premier avènement (adventus), le Seigneur était visible sur la terre et il a vécu parmi les hommes : c'est le temps où, selon son propre témoignage, ils l'ont vu et ils l'ont pris en haine . Lors du dernier avènement, toute chair verra le salut de notre Dieu , et les hommes verront celui qu'ils ont transpercé . Le troisième avènement, intermédiaire, lui, est intime : en cette venue, seuls les élus le voient au-dedans d'eux- mêmes, et leur âme en est sauvée. Dans le premier donc, il vient dans la chair et la faiblesse. Dans celui du milieu, il vient dans l'Esprit et la puissance. Dans le dernier, il vient dans la gloire et la majesté. » . Depuis le 4ème / 6ème siècle où il est considéré comme un long temps de préparation à cette grande fête qu'est la Nativité (Noël et Epiphanie), et jusqu'à aujourd'hui, l'Avent a toujours fait regarder dans cette double direction : a) la première venue de Jésus Christ par son incarnation et b) la dernière (deuxième) venue de Jésus-Christ à la fin des temps (Parousie). C'est pourquoi les "Normes universelles de l'année liturgique" (1969) décrivent la signification du temps de l'Avent comme suit : "c'est à la fois un temps de préparation aux solennités de Noël où l'on commémore le premier avènement du Fils de Dieu parmi les hommes, et un temps où, par ce souvenir, les âmes sont tournées vers l'attente du second avènement du Christ à la fin des temps. Le temps de l'Avent se présente donc, pour ces deux raisons, comme un temps de pieuse et joyeuse attente." Ce qui est remarquable, est maintenant que saint Bernard parle encore d'un troisième avènement ou avènement intermédiaire, qui est justement très important pour notre vie monastique et liturgique. Par cette expression, ce saint Père de notre Ordre pense à la venue (quotidienne) du Seigneur dans notre cœur (par exemple dans la sainte Eucharistie), à l'inhabitation (inhabitatio) du Christ en nous, ou comme ce Père de l'Église l'a dit à propos de Noël : la naissance de Dieu dans notre cœur. « Toutefois, de même que, pour accomplir le salut au centre de la terre, il est venu une seule fois dans la chair, de manière visible », explique saint Bernard, « de la même manière, pour sauver chaque âme personnellement, il vient chaque jour, et cela dans l'Esprit et de manière invisible. … « Écoutons le Seigneur parler du second avènement, qui est spirituel et intime : Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons chez lui notre demeure. . Heureux, Seigneur Jésus, celui chez qui tu feras ta demeure. ,! » L'avènement intermédiaire du Seigneur est le chemin entre le premier (Incarnation) et le dernier avènement du Christ (Parousie) et c'est justement pour cette raison également le plus profond sens spirituel du temps de l'Avent, que nous célébrons encore une fois.
[A propos de l'Avènement intermédiaire dans l'enseignement de saint Bernard, il y a une étude italienne intéressante : Claudio STERCAL, Il "Medius Adventus". Saggio di lettura degli scritti di Bernardo di Clairvaux, Rom : Editiones Cistercienses 1992 (= Bibliotheca Cisterciensis 9)]
1. LE TEMPS DE L'AVENT
Dans ma première circulaire pour l'Avent 2002, j'ai déjà donné une courte introduction spirituelle et liturgique au temps de l'Avent. Les points traités furent les différentes coutumes de l'Avent, comme la couronne de l'Avent, les Messes Rorate, les Antiennes O et l'Antienne "Alma Redemptoris Mater". Cette fois, j'aimerais être attentif à quelques autres aspects.
Le temps de l'Avent commence aux premières Vêpres du premier dimanche de l'Avent, et se termine avant les premières Vêpres de Noël. (cf.Normes universelles de l'année liturgique n°40) Son double aspect : la mémoire de l'Incarnation et l'espérance de la Parousie du Christ, a pris encore plus d'importance depuis la Réforme liturgique du Concile Vatican II, avec toutes les lectures bibliques propres pour la Messe et la liturgie des Heures, pour tous les dimanches et féries, mais aussi avec une oraison propre pour chaque jour, ainsi que les merveilleuses préfaces de l'Avent. On comprend alors que la célébration de l'Avent passe, autant que possible, avant les mémoires de saints, qu'il est aussi possible de commémorer seulement, selon les circonstances. En tout cas, les formulaires de l'Avent ont la préséance absolue en ce qui concerne les jours privilégiés du 17 au 24 décembre (cf. Normes universelles de l'année liturgique n°16 b). D'après le règlement liturgique on peut, il est vrai, célébrer la Messe et l'Office des fêtes et mémoires des saints, Messes votives et Messes à des intentions particulières, les jours de semaine jusqu'au 16 décembre, mais seulement d'une manière exceptionnelle. Les féries du 17 au 24 décembre, déjà mentionnées, ont toujours eu une place particulière en Avent, étant ordonnées plus directement à la préparation de Noël. (cf. Normes universelles de l'année liturgique n°42) Ces jours sont avant tout marqués par les antiennes festives "O", dont le texte, depuis la Réforme liturgique, est prévu aussi pour l'acclamation à l'Évangile de la Messe. L'ordonnance des péricopes de cette importante "neuvaine de Noël" est surtout théologique et spirituelle : les passages les plus importants de la Bible qui vont être lus mènent presque par ordre chronologique directement à l'avènement de Noël.
L'Avent, comme temps de préparation à la célébration de la solennité de la Nativité, a réellement, depuis son origine jusqu'à présent, un certain caractère de pénitence, mais, à la différence des quarante jours de Carême, il est marqué par un climat de "pieuse et joyeuse attente"(cf. Normes universelles de l'année liturgique n°39). Depuis la publication de la troisième édition du "Missel Romain" en l'an 2002, les instructions concernant l'usage de l'Orgue et des autres instruments de musique, de même que l'ornementation florale, ont pour cette raison été modifiées et "adoucies". Les données officielles sont ainsi conçues : Le jeu de l'orgue et des autres instruments de musique, ainsi que l'ornementation florale de l'Autel doivent être conformes à l'art propre de ce temps, être modérés, afin qu'ils n'anticipent pas sur la pleine joie de la célébration de la naissance du Seigneur… (cf le "Directorium de notre Ordre", 2004-2005, p.20) Ce qui n'était possible jusqu'à présent que le troisième dimanche de l'Avent, le dimanche "Gaudete", s'étend donc maintenant à tout le temps de l'Avent, bien qu'avec une certaine réserve.
La solennité de la Vierge Marie, Mère de Dieu, conçue sans péché originel
La fête de l'Immaculée Conception de Marie, le 8 décembre, que l'on appelle aussi "solennité de l'élection de Marie", s'insère de manière très appropriée dans le déroulement de l'Avent, bien que ce soit une fête récente. Marie est en effet, comme la théologie orientale et occidentale l'a appelée et l'appelle toujours, "l'Aurore du Salut". Ainsi la célébrons-nous aussi dans la liturgie des Heures. Par sa conception immaculée dans le sein d'Anne, sa mère, s'ouvre immédiatement l'histoire du Salut en Jésus-Christ. Cette année, nous faisons mémoire du 150ème anniversaire de la proclamation du dogme de ce mystère de foi, faite par le bienheureux Pape Pie IX (+ 1878), le 8 décembre 1854, par la Bulle "Ineffabilis Deus". Qu'il soit d'ailleurs également bien clair que la "Liturgia Horarum" romaine depuis la réforme liturgique a des hymnes propres pour Vêpres, Vigiles et Laudes, et qu'on ne chante plus l'Hymne "Ave, maris stella", qui n'a pas de relation directe avec le mystère de la fête célébrée. On trouve ces "nouvelles" hymnes (avec leur mélodie) par exemple dans l'hymnaire de Heiligenkreuz.
2. Le temps de Noël.
La fête de Noël, désignée liturgiquement comme "Nativitas domini" ou "Natalis Domini nostri Jesu Christi", également comme "Fête de la Nativité du Seigneur", est, conjointement avec la solennité de l'Épiphanie, le terme de toute la préparation de l'Avent. Comme on le sait, la date du 25 décembre se trouve en relation étroite avec le solstice d'hiver et la fête païenne du "Soleil invincible" dont la lumière triomphe des ténèbres menaçantes. Les chrétiens, pleinement conscients de cette fête hivernale du solstice fêtent le jour de la naissance de leur Seigneur Jésus-Christ, dont la venue avait été prédite par le Prophète Malachie comme le lever du Soleil de justice . Le Christ lui-même avait déjà dit de lui-même : Je suis la lumière du monde . On lit également dans l'Évangile du jour de Noël, extrait du prologue de saint Jean, le discours du Christ qui est lumière : Le Verbe était la vraie lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde . Ainsi s'explique aussi pourquoi justement la liturgie de l'Avent et de Noël est si fortement dominée par la thématique de la lumière, d'une manière particulière, plus encore que la liturgie de Pâques ! Du reste, selon les plus anciennes sources à Rome, d'où il s'est répandu, le jour de Noël comme fête du Christ est attesté pour la première fois en l'an 336.
L'annonce festive de Noël.
Nous avons une très belle coutume dans l'Ordre, qui existait déjà au XIIème siècle. Le jour de la Vigile de Noël, au matin du 24 décembre, commence la leçon du Martyrologe dans la salle du Chapitre, avec l'annonce de la naissance du Christ. Après les mots : Jésus Christ, le Fils de Dieu, est né à Bethléem de Juda", toute la communauté se prosterne "à terre avec vénération envers la sainte Incarnation et fait une courte prière" (cf "Ecclesiastica Officia", ch. 3,4 et le Directorium de notre Ordre 2004-2005, p.26). Cette impressionnante grande prostration représente non seulement l'humble abaissement de Dieu dans l'Incarnation de Jésus mais encore l'expression concrète de notre adoration envers cet ineffable mystère. Saint Bernard a magnifiquement commenté ce rite solennel dans le premier et le sixième de ses sermons pour la Vigile de Noël et en outre il explique chaque élément particulier de cette annonce. Elle est pour lui "clameur d'allégresse…, parole de bonheur, parole de consolation, parole pleine de charme et digne d'un accueil sans réserve" (1er sermon pour la Vigile de la Nativité). Ce serait dommage que cette ancienne et belle coutume cistercienne vienne à se perdre. On peut cependant, là où le Martyrologe n'est pas lu dans la salle capitulaire, transférer cette annonce solennelle de Noël dans un autre endroit approprié du Monastère et, selon les circonstances, également remplacer le geste de la grande prostration par celui de se mettre à genoux. Les livres liturgiques indiquent également, et pour la même raison, que tous doivent se mettre à genoux pendant le Credo à Noël (à chacune des trois Messes !) durant le temps où sont dits ou chantés les mots "Et homo factus est…".
Les Trois Messes de Noël
Une particularité des fêtes de Noël est celle des trois messes avec leur formulaire liturgique propre. Elles se sont développées à l'époque du 4e –6e siècle dans la liturgie romaine des Papes. Le Pape était tenu à trois messes de Noël, à savoir : a) les Matines de Noël dans la Basilique Sainte Marie Majeure, b) la messe de l' "aurore" le matin à Saint Anastase et c) la messe solennelle du jour à Saint Pierre. La plus ancienne de ces trois messes est celle du jour (4e siècle), la plus récente, celle dite de l'"aurore ou bien "messe postérieure" (6e siècle). De Rome se sont répandues les trois messes de Noël (désormais dans un unique et même lieu) et depuis le 9e siècle elles sont entrées successivement dans l'usage commun de l'Église. Ainsi trouve-t-on cela dans les livres liturgiques les plus anciens de notre Ordre. Le canoniste et liturgiste Wilhelm DURANDUS (+ 1296) donne une signification théologique et symbolique des trois messes de Noël (la triple naissance du Christ) Depuis que la réforme liturgique n'oblige plus à célébrer les trois messes (ce qui concerne avant tout la messe de l' "Aurore". C'est ce qu'expliquent les Normes de l'Année liturgique (1969) au n° 34 : "Le jour de Noël, on peut, selon l'antique tradition romaine, célébrer trois messes : la messe de minuit, la messe de l'aurore et la messe du jour". Dans le Calendrier liturgique de l'Église universelle il est dit : A Noël, tous les prêtres peuvent célébrer ou concélébrer trois messes, du moment que ces messes sont célébrées à l´heure voulue . (cf notre Directorium de l'Ordre 2004/2005 page 27).
L'octave de Noël
De même que pour l'Octave de Pâques, il existe aussi après Noël, depuis le 8e siècle, une semaine liturgique solennelle, l'octave de Noël, dont les trois premiers jours sont institués depuis le 5e siècle, à travers trois fêtes : la fête du premier saint martyr Etienne (le 26 décembre), la fête de saint Jean Evangéliste (le 27 décembre) et la fête des Saints Innocents (le 28 décembre). On nomme ces saints les 'Comites Christi', les compagnons du Christ. La dernière réforme liturgique a conservé l'octave de Noël, selon les caractéristiques suivantes :
° Aux Vigiles, on a toujours l'hymne 'Te Deum' ou bien l'hymne 'Te decet laus'.
°Les offices de Laudes, Tierce, Sexte et None des trois jours suivants Noël sont ceux des fêtes des saints.
°Aux Vêpres, tous les jours (donc aussi aux jours des fêtes des saints), on célèbre toujours les deuxièmes Vêpres de Noël, jusqu'à la lecture brève. (Mais la lecture brève sera le texte propre de la liturgie de Noël et non celui de la fête !)
°A la messe, tous les jours, on dira le Gloria, la préface de Noël et au canon de la messe, les incises concernant le temps de Noël.
°les Mémoires des saints dans le temps qui va du 28 au 31 décembre seront seulement commémorées (comme cela est expliqué à la page 12 de notre Directorium de l'Ordre 2004/2005)
Depuis la rénovation de la liturgie après le deuxième concile du Vatican, là où cela convient, le dimanche qui suit Noël est consacré à la fête de la Sainte Famille (autrefois elle avait lieu le premier dimanche après l'Épiphanie). De même, pour le 8e jour de l'Octave de Noël, soit le 1er janvier, la réforme liturgique a repris une très ancienne et significative tradition romaine, qui est de célébrer la solennité de Marie Mère de Dieu. Cette solennité de Marie pour clore la naissance du Seigneur est la plus ancienne fête de Marie dans la liturgie romaine ("Natale Sanctae Mariae"). Avec l'introduction des grandes fêtes mariales au 7e siècle, elle perdit beaucoup de sa signification et devint surtout un jour de férie dans l'Octave de Noël. Avec l'octave de la naissance du Christ, au 1er janvier, sont liées d'autres fêtes, selon l'Évangile de Luc 2,21 : la circoncision du Seigneur (à Rome depuis les 13e et 14e siècles) et le Saint Nom de Jésus. Dans les Normes universelles de l'année liturgique au numéro 35 paragraphe f), on trouve à ce sujet : "Le 1er janvier, en l'octave de Noël : solennité de Sainte Marie Mère de Dieu, où l'on commémore également l'imposition du très saint nom de Jésus". Depuis peu, le calendrier de l'Église universelle offre la possibilité au 3 janvier, de célébrer une fête propre pour le Saint Nom de Jésus (comme 'Memoria ad libitum', cf notre Directorium de l'Ordre 2004/2005, page 30). Enfin, depuis 1967, à l'initiative du Pape Paul VI, le 1er janvier est également le "jour de la paix". Tous ces mystères et ces thèmes qui viennent d'être cités, donnent une empreinte à la liturgie des heures et de la messe du jour de l'Octave de Noël. Il faut remarquer avec évidence que dans les textes de la liturgie du 1er janvier il n'est fait que peu mention du commencement de la nouvelle année. L'Église suit en effet son propre calendrier liturgique, dont l'année commence au premier dimanche de l'Avent. En général cependant, au changement d'année, on célèbre la fête du dernier jour de l'an. Le thème du Nouvel an civil peut être développé au cours de la célébration de l'Eucharistie et dans les prières d'intercession.
Je vous parlerai l'année prochaine de la solennité de la manifestation du Seigneur (Épiphanie), qui est le second moment important du temps de Noël, et qui est beaucoup plus éloignée, théologiquement et spirituellement, de sa source orientale, puisqu'elle est considérée seulement comme la "fête des trois rois mages", ainsi que de la Fête du Baptême du Seigneur qui termine le temps de Noël.
3. L'ANNÉE DE LA SAINTE EUCHARISTIE
Comme vous l'avez appris, le Pape Jean Paul II a annoncé dans sa lettre encyclique "Mane nobiscum Domine" du 7 octobre 2004, une année de l'Eucharistie qui va d'octobre 2004 à octobre 2005, qu'il a inaugurée à Rome le 17 octobre, lors d'une célébration eucharistique. Le fondement de cette initiative du Pape se trouve dans son encyclique promulguée le 17 avril 2003 "l'Eglise vit de l'Eucharistie" ("Ecclesia de Eucharistia"). La Sainte Eucharistie devra être aussi le thème du Synode Universel des évêques qui aura lieu à Rome du 2 au 29 octobre 2005 : "l'Eucharistie comme source et sommet de la vie et de la mission de l'Eglise". Le Saint Père explique de la façon suivante, dans la lettre apostolique dont nous venons de faire mention ce qu'il désire atteindre avec cette année de l'Eucharistie : Puisse l'Année de l'Eucharistie être pour tous une précieuse occasion pour devenir toujours plus conscients du trésor incomparable que le Christ a confié à son Église. Qu'elle soit un stimulant pour que la célébration de l'Eucharistie soit plus vivante et plus fervente, d'où naîtra une existence chrétienne transformée par l'amour. . De même lorsqu'il donne lui-même son propre engagement pour donner forme à cette année, il appuie ainsi en disant : Je ne demande pas toutefois que l'on fasse des choses extraordinaires, mais que toutes les initiatives soient empreintes d'une profonde intériorité. Si le fruit de cette Année consistait seulement à raviver la célébration de la Messe dominicale dans toutes les communautés chrétiennes et à faire croître l'adoration eucharistique en dehors de la Messe, cette Année de grâce aurait atteint un résultat significatif. Cependant, il est bon de viser vers le haut et de ne pas nous contenter de mesures médiocres, parce que nous savons pouvoir toujours compter sur l'aide de Dieu. A nous, les personnes de vie consacrée, il s'adresse en proclamant ces mots : Vous tous, hommes et femmes consacrés, appelés par votre consécration même à une contemplation plus prolongée, rappelez-vous que Jésus dans le Tabernacle vous attend auprès de lui, pour déverser dans vos cœurs l'expérience intime de son amitié, qui seule peut donner sens et plénitude à votre vie. Il est particulièrement intéressant de noter dans la lettre "Mane nobiscum Domine" la dimension sociale et caritative de l'Eucharistie que le Pape fait ressortir et explique au chapitre IV "l'Eucharistie comme principe et plan de la mission", selon l'antique principe de l'Église : "Il n'y a pas de service de Dieu sans service de l'homme, pas d'amour de Dieu sans amour du prochain" !
En cette "année de l'Eucharistie", tous devront donc approfondir la ferveur de la célébration de l'Eucharistie : de ce que nous la fêtons et la concélébrons toujours plus dignement, consciemment et attentivement, l'Eucharistie quotidienne doit, comme le souhaite le Concile Vatican II, être véridique et même la 'source et le sommet' de notre journée et de toute notre vie monastique . Pour l'approfondissement de la messe dans son déroulement pratique et pour en avoir une meilleure compréhension, on peut s'aider d'explication de la messe qui sont parus après la réforme liturgique dans beaucoup d'endroits, comme par exemple dans le monde germanophone le livre de Jo Hermans, Die Feier der Eucharistie. Erklärung und spirituelle Erschliessung, Regensburg, 1984, ou bien d'autre commentaire semblable. Comme orientation conforme pour une célébration liturgique authentique de la sainte Messe dans l'esprit de l'Église on peut se servir enfin de la commission papale de la congrégation pour le culte divin ainsi que de l'ordonnance des sacrements du 25 mars de cette année, l'instruction qui en est sorti 'Redemptionis Sacramentum' : "
4. LE DIRECTORIUM DE L'ORDRE 2004/2005
Une nouvelle fois, Frère Xavier Guanter, de l'abbaye de Poblet, le "Directoriste" de notre Ordre, a publié de façon très précise et avec beaucoup de compétence l' "Ordinis Cisterciensis Directorium Divini Officii 2004/2005". Je tiens à le remercier de tout cœur pour son travail et son précieux service. Dans ce Directorium vous pourrez probablement remarquer deux choses : 1. Les rubriques, particulièrement pour les temps privilégiés de l'année liturgique (Avent, temps de Noël, Carême et temps pascal) qui sont rallongées et transformées. Pourquoi ? Nous nous sommes alignés sur le Calendrier liturgique de l'Église universelle qui a été adapté et remanié après la parution de la troisième édition du "Missale Romanum" en l'an 2002. Par exemple, citons la nouvelle détermination mentionnée plus haut quant à l'utilisation de l'orgue et des instruments de musique ainsi qu'à l'ornementation florale pendant le temps de l'Avent. De plus, dans l'introduction du nouveau calendrier liturgique de l'Eglise, il y a deux "Memoriae ad libitum" qui ont été introduites récemment dans le calendrier de l'Eglise. Il s'agit de : a) la Mémoire de saint Jean Didacus CUAUTHLATOATZIN (+1548) au 9 décembre et b) la mémoire de Notre Dame de Guadalupe au 12 décembre. Les textes propres sont en latin pour ces deux mémoires facultatives et vous les trouverez en appendice de notre Directorium (Pages 131-137). Au 17 Juin de notre nouveau Directorium, il y a également de nouveau la mémoire (ad libitum) du Bienheureux Marie-Joseph CASSANT (+1903), moine-prêtre de l'Ordre des Trappistes et qui a été déclaré bienheureux par le Pape Jean-Paul II, le 3 octobre 2004. Pour les autres nouvelles mémoires du calendrier liturgique, j'en ai déjà parlé dans ma troisième lettre circulaire pour le Carême et le temps pascal 2004.
Ceux qui désirent apporter des souhaits ainsi que des propositions et améliorations relatifs au nouveau Directorium, qu'ils s'adressent s'il vous plaît directement à Frère Xavier GUANTER à Poblet.
5. LES INSTITUTS LITURGIQUES DE CHAQUE PAYS.
Beaucoup de pays et de conférences épiscopales ont leurs propres instituts liturgiques dont la tâche est inférieure à celle des autres pour donner les directives liturgiques et pastorales, pour publier les livres officiels liturgiques et les traductions des documents de l'Église dans la langue vernaculaire ainsi que pour répandre de nouveaux livres liturgiques. Aujourd'hui, ces instituts ont habituellement une adresse Internet, au moyen de laquelle on peut avoir des renseignements liturgiques et des textes de toute sorte. Beaucoup de ces instituts font paraître en dehors leur propre publication liturgique. Et nos monastères pourraient s'aider de ces instituts pour répondre à leurs demandes.
En Suisse, par exemple, l'Abbé Martin WERLEN OSB d'Einsiedeln consacre le 4 décembre 2004 l'institut liturgique de langue allemande en Suisse qu'il a fondé de nouveau après une longue interruption et qu'il a transféré à Fribourg. Il a été mené par le jeune Père dominicain Peter SPICHTIG en collaboration avec une équipe. (Adresse : Impasse de la forêt, Postfach 165, 1707 FRIBOURG, E-Mail : liturgisces.institut@fr.Kath.ch).
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Notre Père Abbé Général Dom Maur et différents frères et sœurs de l'Ordre m'ont soumis un grand catalogue de questions et de problèmes liturgiques, qu'ils ont rencontrés dans la pratique. Je traiterai de ces thèmes et répondrai à toutes ces questions prochainement dans une lettre circulaire, car cela intéresse tout le monde.
L'Avent et le temps de Noël sont les signes du triple AVENEMENT DE NOTRE SEIGNEUR. Le cri de l'Avent retentit simplement dans l'Église : "VENI, DOMINE JESU – VIENS, SEIGNEUR JESUS !" De tout cœur, je vous souhaite à tous un salutaire Avent, un temps de Noël rempli de bénédictions et une année de salut 2005.
Votre
Frère Alberich M. Altermatt O. Cist.
Abbaye d'Eschenbach (Suisse), 17 novembre 2004