RÈGLE

DE NOTRE PÈRE

SAINT BENOÎT

 

 

Avec en correspondance

les articles de la Déclaration

 

Règle : Traduction de Philibert SCHMITZ, 5ème édition, revue entièrement par André Borias, édition Brepols (Turnhout, Belgique, 1987)

Déclaration du Chapitre Général de l’an 2000 sur les principaux éléments de la vie cistercienne aujourd’hui

 

 
 

 

 

 



PROLOGUE

Pr 1-7

Textfeld: 21 Mars
23 Juin
25 Sept.
28 Déc.

É

coute, mon fils, les préceptes du Maître et prête l'oreille de ton cœur. Reçois volontiers l'enseignement d'un si bon père et mets-le en pratique, 2 afin de retourner par l'exercice de l'obéissance à celui dont t'avait éloigné la lâcheté de la désobéissance. 3 C'est à toi donc maintenant que s'adresse ma parole, à toi, qui que tu sois, qui renonces à tes volontés propres et prends les fortes et nobles armes de l'obéissance, afin de combattre pour le Seigneur Christ, notre véritable Roi.

 4 Avant tout, demande-lui par une très instante prière qu'il mène à bonne fin tout bien que tu entreprennes ; 5 ainsi, après avoir daigné nous admettre au nombre de ses enfants, il n'aura pas sujet, un jour, de s'affliger de notre mauvaise conduite. 6 Car, en tout temps, il faut avoir un tel soin d'employer à son service les biens qu'il a mis en nous, que non seulement il n'ait pas lieu, comme un père offensé, de priver ses fils de leur héritage, 7 mais encore qu'il ne soit pas obligé, comme un maître redoutable et irrité de nos méfaits, de nous livrer à la punition éternelle, tels de très mauvais serviteurs qui n'auraient pas voulu le suivre jusqu'à la gloire.

Déclaration   art.1-2

Art. 1 Nous, membres du Chapitre Général, réunis pour procéder à la rénovation adaptée de notre Ordre, après mûre délibération, une fois entendus les dif­férents avis, nous avons décidé d'expli­quer en premier lieu les éléments principaux de notre vocation et de notre vie, pour, d'une certaine manière, établir les fondements de tout le travail de rénovation.

Dans cette Déclaration, nous voulons donc exposer avec sincérité et hon­nêteté ce que nous nous proposons dans la rénovation adaptée, quelles fins nous voulons poursuivre, et par quelle voie nous nous efforcerons de les atteindre.

Art. 2 Cependant, par notre Déclaration, nous n'avons en aucun cas l'intention d'empêcher des réflexions ultérieures ou des solutions nouvelles, parce que les futures générations cisterciennes auront aussi le droit et le devoir de chercher des formes meilleures et plus adaptées à la vie monastique, comme l'ont fait les Fondateurs de Cîteaux au XIIe siècle et les générations suivantes. En effet, nous ne suivrons en vérité les Pères Fondateurs du "Nouveau Monastère" que si nous ne cessons de chercher les voies et les moyens qui nous permettront de vivre notre vocation toujours plus pleine­ment, selon la volonté de Dieu.

Pr 8-20

Textfeld: 22 Mars
24 Juin
26 Sept.
29 Déc.

L

evons-nous donc, enfin, l'Écriture nous y incite : "L'heure est venue, dit-elle, de sortir de notre sommeil." (Rm 13,11). 9 Ouvrons les yeux à la lumière divine. Ayons les oreilles attentives à la voix de Dieu qui nous crie chaque jour cet avertissement : 10 "Aujourd'hui, si vous entendez sa voix, n'endurcissez pas vos cœurs"  (Ps 94,8), 11 et ailleurs : "Qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises " (Ap 2,7). 12 Et que dit-il ? "Venez, mes fils, écoutez-moi, je vous enseignerai la crainte du Seigneur. (Ps 33,12). 13 Courez pendant que vous avez la lumière de la vie, de peur que les ténèbres de la mort ne vous saisissent." (Jn 12,35).

  14 Le Seigneur, cherchant son ouvrier dans la foule du peuple à laquelle il crie, dit encore : 15 "Quel est l'homme qui veut la vie et désire voir des jours heureux ?" (Ps 33,13). 16 Que si, à cette demande, tu lui réponds : "C'est moi", Dieu te réplique : 17 "Si tu veux avoir la vie véritable et éternelle, interdis le mal à ta langue et à tes lèvres  toute parole trompeuse ; détourne-toi du mal et fais le bien ; cherche la paix avec ardeur et persévérance. (Ps 33,14-15). 18 Et lorsque vous agirez de la sorte, mes yeux seront sur vous et mes oreilles attentives à vos prières, et avant même que vous ne m'invoquiez, je vous dirai : 'Me voici.'" (allusion  Ps 33,16 Is 58,9) 19  Quoi de plus doux, frères très chers, que cette voix du Seigneur qui nous invite ? 20  Voyez comme le Seigneur lui-même, dans sa bonté, nous montre le chemin de la vie.

Déclaration   art.11

Art. 11 Il n'est pas dans notre intention de décrire des idéaux théoriques et éloignés de la réalité de la vie pour conserver ou restaurer des formes tombées en désuétude, mais bien d'examiner notre vie actuelle, réelle, de la perfectionner et d'organiser les principes indispensables à sa rénovation. Nous devons chercher à donner forme à la vie monastique cistercienne du XXIe siècle, vraie et réelle, qui réponde à la vocation concrète que Dieu nous a donnée. En effet Dieu nous appelle ici et maintenant, il nous veut saints dans cette époque et ces circonstances ; il veut que nous suivions le Christ et demeurions au service des hommes dans la charité, avec les possi­bilités de l'homme d'aujourd'hui.

Nos travaux doivent toujours être fondés dans la vérité et la réalité de la vie. Pour cela, dans cette Déclaration, nous voulons avoir constamment de­vant les yeux les actions, possibilités, exigences et obligations de nos frères et de nos communautés, comme aussi ceux de l'Église et de la vie du monde actuel.

Cependant, ce sens de la réalité ne signifie aucunement l'acceptation ou l'approbation des imperfections et des défauts de la situation présente, comme si, satisfaits de la réalité vulgaire et courante, nous ne voulions pas tendre toujours à des choses meilleures. Nous rejetons avec raison une telle manière de penser comme contraire à l'essence même de la vie religieuse et à la recherche d'une vie de charité parfaite. Mais au contraire nous savons bien que les idéaux et projets les plus sublimes n'ont aucune valeur si les hommes auxquels ils sont proposés ne peuvent les accepter tout à fait libre­ment et spontanément, et les mettre efficacement en pratique.

Pr 21-38

 

Textfeld: 23 Mars
25 Juin
27 Sept.
30 Déc.

C

eignons donc nos reins de la foi et de la pratique des bonnes oeuvres ; sous la conduite de l'Évangile, avançons dans ses chemins, afin de mériter de voir Celui qui nous a appelés dans son royaume. (allusion  Eph 6,14-15 Lc 12,35 1Th 2,12) 22  Si nous voulons habiter dans la demeure de ce royaume, sachons qu'on n'y parvient que si l'on y court par les bonnes actions. 23 Mais interrogeons le Seigneur en lui disant avec le prophète : "Seigneur, qui habitera dans ta demeure ? Qui reposera sur ta montagne sainte ? " (Ps 14,1) 24 Après cette demande, mes frères, écoutons la réponse du Seigneur ; il nous montre la route de cette demeure en disant : 25 "C'est celui qui marche sans tache et accomplit la justice ; 26 celui qui dit la vérité du fond de son cœur, qui n'a pas prononcé de parole trompeuse, 27 qui n'a pas fait de tort à son prochain, qui n'a pas accueilli des discours injurieux contre lui." (Ps 14,2-3) 28 C'est celui qui rejette loin des regards de son cœur (allusion  Ps 14,4) l'esprit malin qui le tente, et les suggestions qu'il lui souffle, les réduit à rien, saisit les premiers rejetons de la pensée diabolique et les brise contre le Christ. 29 Ce sont ceux qui, craignant le Seigneur (allusion  Ps 14,4), ne s'enorgueillissent pas de leur bonne observance, mais qui, reconnaissant que le bien qui se trouve en eux ne peut venir d'eux-mêmes mais du Seigneur, 30 glorifient le Seigneur qui agit en eux, et lui disent avec le prophète (allusion  Ps 14,4): Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, mais à ton nom donne la gloire." (Ps 113,1) 31 De même l'apôtre Paul ne s'est rien attribué du succès de sa prédication, mais dit : "C'est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis", (1Co 15,10) 32 et encore : "Que celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur." (2Co 10,17)

 33 Aussi le Seigneur dit dans l'Évangile : "Celui qui écoute mes paroles et les accomplit, je le comparerai à un homme sage qui a bâti sa maison sur la pierre ; 34 les fleuves ont débordé, les vents ont soufflé et se sont déchaînés sur cette maison ; mais elle n'est point tombée, parce qu'elle était fondée sur la pierre." (Mt 7, 24-25)

  35 Pour achever, le Seigneur attend de nous que nous répondions chaque jour par nos oeuvres à ses saintes leçons. 36  S'il prolonge comme une trêve les jours de notre vie, c'est pour l'amendement de nos péchés, 37 selon cette parole de l'Apôtre : "Ignores-tu que la patience de Dieu te convie à la pénitence ?" (Rm 2,4) 38 Car ce doux Seigneur affirme : "Je ne veux pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive." (Ez 33,11)

Déclaration   art.12

Art. 12 La rénovation de notre vie religieuse doit embrasser la vie entière, et pour cette raison nous devons tenir compte de tous ses éléments constitutifs et attribuer à chacun l'importance qui lui revient. Il serait complètement faux de valoriser certains aspects de notre vie comme si en eux seuls se réalisait l'essence de la vie cistercienne, et de négliger les autres comme accessoires ou même comme un obstacle à la vraie vie monastique. Donc nous sommes et devons être vraiment cisterciens à chacun des moments de notre vie, non seulement quand nous nous réunissons pour la prière ou lorsque nous ac­complissons les observances communautaires, mais aussi dans les travaux, les études, le ministère sacerdotal, la prière privée, le service des hommes dans leurs nécessités et autres choses semblables.

Nous recherchons donc une vision intégrale qui joigne harmonieusement tous les aspects de la vie en un unique service du Seigneur. Bien que cer­tains éléments de la vie cistercienne aujourd'hui ne concernent pas tous les membres de l'Ordre (comme le sacerdoce) ou ne se réfèrent pas à tous les monastères (comme l'éducation de la jeunesse ou le ministère pastoral), il faut cependant les considérer avec une grande attention et reconnaître sin­cèrement leur importance et leur valeur. Les éléments de la vie monastique qu'on trouvait à peine ou pas du tout dans la Règle ou les débuts de l'Ordre de Cîteaux, ne doivent pas être regardés comme secondaires ou suspects. Car la vie monastique, comme tout ce qui vit, croît avec le cours du temps, évolue, assimile beaucoup d'éléments nouveaux et abandonne de nombreux éléments anciens.

Pr 39-50

Textfeld: 24 Mars
26 Juin
28 Sept.
31 Déc.

L

orsque nous avons demandé au Seigneur, mes frères, qui habitera dans sa demeure, nous avons appris ce qu'il faut faire pour y demeurer. Puissions-nous accomplir ce qui est exigé de cet habitant!

40 Il nous faut donc préparer nos cœurs et nos corps aux combats de la sainte obéissance à ses commandements.. 41 Quant à ce qui manque en nous aux forces de la nature, prions le Seigneur d'ordonner à sa grâce de nous prêter son aide. 42 Et si, désireux d'éviter les peines de l'enfer, nous voulons parvenir à la vie éternelle, 43 tandis qu'il en est temps encore et que nous sommes en ce corps et que nous pouvons accomplir tout cela à la lumière de cette vie, 44 courons et faisons, dès ce moment, ce qui nous profitera pour toute l'éternité.

45 C'est à cette fin que nous voulons fonder une école où l'on serve le Seigneur. 46 Dans cette institution, nous espérons ne rien établir de rude ni de pesant. 47 Si, toutefois, il s'y rencontrait quelque chose d'un peu rigoureux, qui fût imposé par l'équité pour corriger nos vices et sauvegarder la charité, 48 garde-toi bien, sous l'effet d'une crainte subite, de quitter la voie du salut dont les débuts sont toujours difficiles. 49 En effet, à mesure que l'on progresse dans la vie religieuse et dans la foi, le cœur se dilate, et l'on court dans la voie des commandements de Dieu, avec la douceur ineffable de l'amour. 50 Ne nous écartons donc jamais de son enseignement, et persévérant jusqu'à la mort dans sa doctrine au sein du monastère, participons par la patience aux souffrances du Christ pour mériter d'avoir part à son royaume. Amen.

Déclaration   art.13-14

Art. 13 Les formes institutionnelles, dans lesquelles se manifeste aujourd'hui concrètement la réalité de la vie cistercienne, sont les diverses communau­tés vivantes. Il est certain que nos communautés, selon le cours du temps et dans les différentes régions, ont adopté des formes de vie variées et des services divers. Cette diversité en elle-même ne doit pas être déplorée comme une dégénérescence perverse, au contraire elle doit être reconnue non seulement comme un fait indiscutable, mais aussi comme un signe de vitalité et comme une invitation de Dieu pour agir. En effet, les valeurs et les différentes fonctions de chaque Congrégation et monastère pourront, si la confiance mutuelle prévaut, servir au progrès et au bien de tout l'Ordre par la coopération des communautés. Car la concorde dans la diversité vaut beaucoup mieux qu'une uniformité forcée et discordante. Pour cette rai­son, le Chapitre Général approuve et encourage la légitime autonomie de chaque Congrégation et monastère pour établir sa forme de vie, et se pro­pose de les aider dans cette tâche.

C'est pourquoi, dans le travail de rénovation, il est de la plus grande im­portance que, avant tout, chaque communauté reconnaisse et reconsidère ses finalités et valeurs propres, et adapte convenablement ses formes de vie. En effet, le poids du travail incombe en premier lieu à chacune des com­munautés. Le Chapitre Général désire seulement leur accorder son aide pour coordonner et promouvoir l'effort de rénovation, mais il ne peut ni supprimer ni assumer la part qui revient aux monastères et aux Congréga­tions.

Art. 14 Gardant tout cela à l'esprit, nous désirons renouveler la réalité de la vie cistercienne de telle manière qu'elle soit une continuation naturelle, et pour ainsi dire un développement organique, de la tradition séculaire monastique et cistercienne. Certainement nous voulons connaître (et avec plus d'exac­titude qu'auparavant) les traditions monastiques et cisterciennes, et nous prétendons y puiser le maximum pour notre profit et inspiration. Cependant nous ne voulons pas que ces traditions nous restreignent et nous empêchent de résoudre les problèmes d'aujourd'hui que, à cause du profond change­ment des conditions de vie, les anciens ne pouvaient connaître que bien peu ou même pas du tout. Il ne nous est pas permis de renoncer à notre res­pon­sabilité propre dans l'organisation de notre vie religieuse, ni de craindre de nouvelles voies ou solutions. L'histoire doit être pour nous maîtresse de vie et non domination, elle doit nous instruire et nous inspirer, mais jamais nous entraver.

Chapitre 1 : LES CATEGORIES DE MOINES

Textfeld: 25 Mars
27 Juin
29 Sept.
1er Jan.

I

l est manifeste qu'il y a quatre catégories de moines. 2 La première est celle des cénobites, c'est-à-dire de ceux qui vivent en commun, dans un monastère, et combattent sous une règle et un abbé.

3 La deuxième catégorie est celle des anachorètes ou ermites. Ceux-ci n'en sont plus à la simple ferveur du début dans la vie religieuse. Formés par une longue épreuve dans le monastère, 4 ils ont appris, grâce au soutien de nombreux frères, à lutter contre le démon. 5 Bien exercés, ils passent de cette armée fraternelle au combat solitaire du désert ; et, sûrs désormais d'eux-mêmes, sans le secours d'autrui, ils peuvent soutenir, Dieu aidant, avec leur seule main et leur seul bras, la guerre contre les vices de la chair et des pensées.

 6 La troisième catégorie de moines, fort détestable, est celle des sarabaïtes (le mot est emprunté à Cassien, qui l'aura trouvé en usage chez les moines d'Egypte) Ils n'ont pas été éprouvés, comme l'or dans la fournaise, par une règle, maîtresse d'expérience ; mais restant mous comme le plomb, 7 ils demeurent fidèles au monde dans leur conduite, et, visiblement, mentent à Dieu par leur tonsure (Au 6ème siècle, la tonsure consistait à porter les cheveux courts, ni rasés comme chez les prêtres égyptiens, ni trop longs comme ceux des laïques, surtout chez les barbares). 8 Ils vivent deux ou trois ensemble, ou même tout seuls, sans pasteur, renfermés dans leur propre bergerie, et non dans celle du Seigneur. La satisfaction de leurs désirs leur sert de loi: 9 ils tiennent pour saint tout ce qu'ils pensent ou préfèrent, et regardent comme illicite ce qui leur déplaît.

 10 La quatrième catégorie de moines est celle des gyrovagues. Ils passent toute leur vie à courir de province en province, séjournant trois ou quatre jours dans les cellules les uns des autres. 11 Toujours en route, jamais stables, esclaves de leurs volontés propres et des plaisirs de la bouche, ils sont pires en tout que les sarabaïtes.

 12 Mais mieux vaut se taire que de parler de la misérable condition de tous ces gens. 13 Laissons donc ces diverses catégories de moines ; et, avec l'aide du Seigneur, venons-en à organiser la si puissante catégorie des cénobites.

Déclaration   art.79-80

Art. 79 Pour suivre notre vocation, nous sommes entrés dans un monastère cister­cien que nous avons librement choisi pour y recevoir la doctrine de l'école du service du Seigneur ; ensuite, par la profession, nous avons accepté vo­lontairement les occupations et l'idéal de vie de notre monastère. La vie monastique ne nous a donc pas été imposée, mais nous l'avons acceptée par une consécration libre et volontaire. Ainsi, nos communautés sont consti­tuées de volontaires, qui aspirent tous aux mêmes fins connues et désirées de tous, de telle manière que nous vivions unanimes sous un même toit, n'ayant qu'un cœur et qu'une âme.

Art. 80 Le fondement de la communauté monastique est donc la consécration libre et volontaire des moines, qui ont une grande estime pour les valeurs et les occupations de la vie du monastère et les regardent comme leur bien pro­pre. Cette libre consécration et cette ardente conviction sont la force mo­trice de l'observance des lois et de l'obéissance ; et elles sont le fondement de toute la structure juridique. Si elles font défaut, la communauté monas­tique, comme toute réunion de volontaires, ne peut plus maintenir une ré­elle vitalité. Il est donc de la plus haute importance que les moines gardent vive et fervente cette consécration par laquelle ils ont librement accepté la vie monastique ; et il faut que l'ordonnance et l'organisation de la vie com­munautaire tiennent compte de cette volonté libre et de ce zèle, et s'appli­quent à les promouvoir et à les stimuler.

Chapitre 2 : LES QUALITES QUE DOIT AVOIR L'ABBE

RB 2,1-10

Textfeld: 26 Mars
28 Juin
30 Sept.
2   Jan.

L

'abbé qui est jugé digne de gouverner le monastère doit se rappeler sans cesse le titre qu'il porte et réaliser par ses actes le titre de supérieur.

 2 On croit fermement, en effet, qu'il tient la place du Christ dans le monastère, puisqu'on l'appelle de son nom même, 3 selon ces paroles de l'Apôtre : "Vous avez reçu l'esprit des fils d'adoption, par lequel nous crions : Abba, c'est-à-dire Père". (Rm 8,15 Ga 4,6)

 4 L'abbé ne doit donc rien enseigner, établir ou commander qui s'écarte des préceptes du Seigneur ; 5 mais ses ordres et ses enseignements doivent se répandre dans l'esprit de ses disciples, comme un levain de la divine justice. 6 L'abbé doit se souvenir sans cesse qu'au redoutable jugement de Dieu, il devra rendre un compte exact de deux choses : de son enseignement et de l'obéissance de ses disciples. 7 Qu'il sache que l'on imputera à la faute du pasteur tout ce que le Père de famille trouvera de mécompte dans ses brebis.

 8 Au contraire, c'est pour autant qu'il aura consacré toute sa sollicitude pastorale à un troupeau turbulent et indocile, et dépensé tous ses soins pour guérir leurs maladies spirituelles, 9 que lui-même sera absous au jugement du Seigneur et pourra lui dire avec le prophète : "Je n'ai point caché ta justice, dans mon cœur : je leur ai dit ta fidélité et ton salut, mais ils n'en ont fait aucun cas et ils m'ont méprisé." (allusion  Ps 39,11 Is 1,2 Ez 20, 27) 10 Alors, en punition, la mort frappera ces brebis qui ont été rebelles aux soins de leur pasteur.

Déclaration   art.94-96

Art. 94 L'Abbé est avant tout pasteur d'âmes, c'est-à-dire que sa fonction est en premier lieu spirituelle et ordonnée au bien des âmes. Son autorité est un ministère qui a le caractère d'un humble service, en conformité avec la doctrine et l'exemple du Christ dont il tient la place. Il convient qu'il ex­prime et manifeste à ses frères cette charité paternelle dont Dieu le Père aime les moines.

Art. 95 De plus, l'Abbé, en accomplissant l'office d'interprète de la Sainte Écriture dans les multiples circonstances de la vie quotidienne, est médiateur de la Parole de Dieu. Jamais l'Abbé ne peut se mettre au dessus de la Parole de Dieu ; au contraire, il doit s'y soumettre de plus en plus.

Art. 96 Non moins importante est cette autre tâche appelée discernement des es­prits par l'Apôtre. Que l'Abbé s'applique donc à discerner si chacun de ses moines est conduit par l'Esprit de Dieu, ou bien s'il est uniquement sé­duit par les aspirations purement terrestres de son propre esprit, ou par les es­prits de mensonge. Mais pour pouvoir discerner la voix de l'Esprit de n'im­porte quelle autre voix, l'Abbé doit aussi être versé dans la doctrine et l'ex­périence des choses spirituelles.

RB 2,11-22

Textfeld: 27 Mars
29 Juin
1er Oct.
3   Jan.

C

elui qui accepte le nom d'abbé doit donc gouverner ses disciples par un double enseignement, 12 c'est-à-dire leur montrer tout ce qui est bon et saint par des actes plus encore que par des paroles. Aux disciples réceptifs, il enseignera par ses paroles les commandements du Seigneur ; aux cœurs durs et aux simples, il les fera voir par son exemple. 13 C'est aussi par ses actes qu'il apprendra à ses disciples à éviter ce qu'il leur aura dénoncé comme contraire à la loi divine, de peur qu'après avoir prêché aux autres, il ne soit lui-même réprouvé (allusion  1Co 9,27) 14 et que Dieu ne lui dise un jour à cause de ses péchés : "Pourquoi proclames-tu mes lois et déclares-tu mon alliance par ta bouche, alors que tu hais la discipline et que tu as rejeté mes paroles ?" (Ps 49,16-17) 15 et encore : "Toi qui voyais un fétu dans l'œil de ton frère, tu n'as pas vu la poutre dans le tien." (Mt 7,3)

 16 Que l'abbé ne fasse donc point acception des personnes dans le monastère. 17 Qu'il n'aime point l'un plus que l'autre, si ce n'est celui qu'il trouvera plus avancé dans les bonnes actions et l'obéissance. 18 L'homme libre ne sera pas préféré à celui qui sera venu de l'esclavage, à moins qu'il n'y ait à cela une autre cause raisonnable.

 19 Si l'abbé juge, pour un juste motif, pouvoir faire cette distinction, qu'il en use ainsi à l'égard de chacun, de quelque condition qu'il soit ; hormis le cas susdit, que chacun garde sa place ! 20 Car, libres ou esclaves, nous sommes tous un dans le Christ (allusion  Ga 3,28 Ep 6,8 Rm 2,11), et nous portons tous les mêmes armes, au service d'un même Seigneur. Auprès de Dieu, en effet, il n'y a pas acception de personnes. (allusion  Col 3,25) 21 La seule chose qui nous distingue à ses yeux, c'est le fait d'être plus riche que d'autres en bonnes oeuvres et en humilité.

 22 L'abbé témoignera donc à tous une égale charité ; et il n'y aura pour tous qu'une même discipline, appliquée selon les mérites de chacun.

Déclaration   art.97-98

Art. 97 L'Abbé est le lien d'unité de la Communauté. Il doit promouvoir l'entente de tous et de chacun des frères dans la poursuite des objectifs communs, et coordonner les efforts et travaux de tous. Ainsi donc, il doit grandement estimer, comprendre et traiter avec le respect qui lui est dû la personnalité des frères. Il doit avoir pour tous du temps suffisant et être disponible, avec un esprit ouvert ; il lui incombe de développer une obéissance non pas quelconque, mais active et responsable de la part de tous, et aussi une coo­pération généreuse des personnes, de telle manière que les qualités de tous fructifient au service de Dieu. Qu'il s'efforce de susciter un dialogue sincère et ouvert ; qu'il fasse part à tous les frères de tous les sujets et projets de la vie du monastère, et des affaires concernant la vie de la maison, car cela les touche de près. Qu'il assume cependant les responsabilités qui lui revien­nent en raison de sa charge, s'il doit prendre, après un mûr examen, une dé­cision jugée comme étant la volonté de Dieu. 

Art. 98 L'Abbé, comme promoteur de l'unité, doit supprimer autant qu'il le peut une certaine séparation entre lui et les frères ; il doit vivre la vie communautaire avec eux, leur donnant un exemple de fidélité et de zèle, réduisant au strict nécessaire les raisons d'absence du monastère. Une fois élu Abbé, il ne cesse pas pour cela d'être moine et frère parmi les frères, et, comme lien de l'unité et de la charité, qu'il ait soin de se donner entièrement pour le bien des frères dans l'amour du Christ.

RB 2,23-29

Textfeld: 28 Mars
30 Juin
2   Oct.
4   Jan.

D

ans son enseignement, l'abbé doit toujours suivre le modèle que lui donne l'Apôtre quand il dit : "Reprends, supplie, menace." (2Tm 4,2)

 24 Ainsi doit-il varier sa manière selon les circonstances, mêlant douceurs et menaces, montrant tantôt la sévérité d'un maître, tantôt la tendresse d'un père. 25 Ainsi, encore, reprendra-t-il plus durement les indociles et les turbulents ; il suppliera de progresser ceux qui sont obéissants, doux et patients ; quant aux négligents et aux rebelles, nous l'avertissons de les menacer et de les corriger.

 26 Qu'il ne ferme pas les yeux sur les péchés des délinquants. Mais qu'il les retranche autant qu'il le pourra, jusque dans les racines, aussitôt qu'il les verra naître, se souvenant du malheur d'Héli, grand-prêtre de Silo.(Héli avait négligé de corriger ses fils débauchés. Il mourut de chagrin en apprenant le défaite ses siens allusion  1S 2,12  et ss) 27 Pour ce qui est des âmes plus délicates et intelligentes, il lui suffira de les reprendre une fois ou deux par des admonitions ; 28 tandis qu'il doit punir par des verges et autres châtiments corporels les méchants, les opiniâtres, les superbes et les désobéissants, et cela dès qu'ils commenceront à mal faire, sachant qu'il est écrit :"L'insensé ne se corrige point par des paroles" ; (Pr 29,19) 29 et encore : "Frappe des verges ton fils et tu délivreras son âme de la mort." (Pr 23,14)

Déclaration   art.115

Art. 115 L'Abbé Président gouverne la Congrégation dans l'esprit du Chapitre de la Congrégation, et il est signe de l'union fraternelle par laquelle les monastè­res sont liés entre eux. Il s'emploiera par son service à ce que, dans les fa­milles monastiques, s'épanouisse, s'affermisse et s'accroisse une vie monastique conforme aux Constitutions de la Congrégation.

Il lui incombe d'encourager les relations entre les monastères pour le bien de toute la Congrégation. Dans ce domaine, il convient que les Abbés et les moines de chaque monastère aident l'Abbé Président en cultivant entre eux des relations fraternelles, en s'accueillant mutuellement de bon gré, en col­laborant dans leurs préoccupations communes, en se réunissant pour des conférences sur des sujets spirituels ou administratifs, en s'efforçant de toujours mieux se connaître et s'estimer.

RB 2,30-40

Textfeld: 29 Mars
1er Juil.
3   Oct.
5   Jan.

L

'abbé doit toujours se rappeler ce qu'il est, se rappeler le titre qu'il porte ; savoir qu'il est exigé davantage à qui a été confié davantage. 31 Qu'il considère combien difficile et laborieuse est la charge qu'il a reçue de conduire les âmes et de s'accommoder aux caractères d'un grand nombre. Tel a besoin d'être conduit par les caresses, tel autre par les remontrances, tel encore par la persuasion. 32 L'abbé doit donc se conformer et s'adapter aux dispositions et à l'intelligence de chacun, en sorte qu'il puisse, non seulement préserver de tout dommage le troupeau qui lui est confié, mais encore se réjouir de l'accroissement de ce bon troupeau. 33 Avant tout qu'il se garde de négliger ou de compter pour peu le salut des âmes qui lui sont confiées, sans donner plus de soin aux choses passagères, terrestres et caduques. 34 Qu'il pense sans cesse que ce sont des âmes qu'il a reçues à conduire et qu'il devra en rendre compte.

 35 Et, de peur qu'il ne se préoccupe à l'excès de la modicité des ressources du monastère, il se rappellera qu'il est écrit : "Cherchez d'abord le royaume de Dieu et sa justice : le reste vous sera donné par surcroît"; (Mt 6,33)  36 et encore : "Rien ne manque à ceux qui le craignent." (Ps 33,10)  

37 Qu'il sache donc bien que ce sont des âmes qu'il a reçues à conduire ; qu'il soit prêt à en rendre compte. 38 Quel que soit le nombre des frères placés sous sa garde, qu'il sache avec certitude qu'au jour du jugement il devra rendre comte au Seigneur de toutes ces âmes, et de plus, sans nul doute, de la sienne propre.  39 Vivant ainsi dans la crainte constante de cet examen qui attend le pasteur au sujet de ses brebis, c'est le souci même des comptes dus pour autrui qui le rendra attentif sur lui-même,  40 et, en corrigeant les autres par ses avis, il se corrigera de ses propres défauts.

Déclaration   art.123

Art. 123 L'Abbé Général, élu par le Chapitre Général, gouverne l'Ordre selon l'esprit du Chapitre Général et les normes des Constitutions, en promouvant les fins de notre union.

L'Abbé Général est : 

            a) promoteur et lien de l'union fraternelle dans l'Ordre, surtout en étant prêt à s'adapter aux coutumes de tous, en estimant, promouvant et re­présentant toutes les familles de l'Ordre avec un intérêt équitable et impar­tial. Il fait siens les valeurs et les idéaux communs de l'Ordre dans sa ma­nière d'agir personnelle comme dans ses actes officiels. Il est à l'unisson de l'Ordre, tel qu'il existe en réalité dans nos communautés, s'intéressant avec un esprit ouvert à leurs préoccupations, leurs dispositions et leurs opinions.

            b) promoteur et coordinateur des projets et plans communs qui dépas­sent les possibilités des communautés ou Congrégations prises indi­viduellement, et qui cependant sont profitables à tous ou à beaucoup. Dans la conception ou l'élaboration de tels projets, que lui-même prenne une part active tout en stimulant les initiatives des autres, et ensuite qu'il aide à leur exécution par ses conseils et ses actes.

            c) usant, pour le service de tous, de l'autorité que les Constitutions lui assignent, il est père, bien plus, frère parmi les frères, dans l'esprit du Christ, plus soucieux de servir que de dominer. Que dans ses lettres, ser­mons ou autres formes de communications adressés à l'Ordre, il parle le langage d'un frère, d'un condisciple, d'un co-serviteur du Seigneur, qui cherche avec ses frères la vérité et la volonté de Dieu. Que lui-même, plei­nement convaincu et conscient des valeurs de la vocation religieuse, se préoccupe de montrer aux frères et aux communautés les nouvelles pers­pectives et possibilités, et de leur communiquer l'espérance de l'avenir.

Chapitre 3 : L'APPEL DES FRÈRES EN CONSEIL

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2   Juil.
4   Oct.
6   Jan.

T

outes les fois qu'il y aura dans le monastère quelque affaire importante à décider, l'abbé convoquera toute la communauté et exposera lui-même ce dont il s'agit. 2 Après avoir recueilli l'avis des frères, il délibérera à part soi et fera ensuite ce qu'il aura jugé le plus utile. 3 Ce qui nous fait dire qu'il faut consulter tous les frères, c'est que souvent Dieu révèle à un plus jeune ce qui est meilleur.

 4 Les frères donneront leur avis en toute humilité et soumission. Ils n'auront donc pas la hardiesse de soutenir effrontément leur manière de voir,  5 mais il dépendra de l'abbé de décider ce qui vaut le mieux ; et tous alors devront lui obéir.  6 Cependant, comme il convient aux disciples d'obéir au maître, ainsi revient-il au maître de tout organiser avec prévoyance et équité.

 7 En toutes choses, donc, tous suivront cette maîtresse qu'est la Règle, et personne ne se permettra de s'en écarter à la légère. 8 Que nul dans le monastère ne suive la volonté de son propre cœur ; 9 que nul n'ait la hardiesse de contester avec son abbé insolemment, ou hors du monastère. 10 Si quelqu'un avait cette hardiesse il serait soumis à la correction régulière.

 11 L'abbé, toutefois, doit faire toutes choses dans la crainte de Dieu et selon la Règle, persuadé que, sans doute aucun, il aura à rendre compte de toutes ses décisions à Dieu, ce juge souverainement équitable.

 12 Pour les affaires moins importantes qui intéressent le bien du monastère, l'abbé prendra seulement le conseil des anciens, selon ce qui est écrit : 13 "Fais tout avec conseil, et, après coup, tu ne t'en repentiras pas." (Si 32,24)

Déclaration   art.102-107

Art. 102 Le Chapitre conventuel participe au gouvernement de la maison, chaque fois qu'il s'agit des affaires les plus importantes du monastère, et spéciale­ment dans les cas établis par les Constitutions de la Congrégation et par le droit universel. Le Chapitre conventuel, par un acte vraiment collégial, élit l'Abbé et prend collégialement les décisions concernant les activités du monastère, l'admission et la formation des nouveaux candidats et l'admi­nistration des biens.

Art. 103 Mais la fonction du Chapitre ne doit pas se restreindre uniquement aux choses pour lesquelles les capitulants ont, selon le droit universel ou parti­culier, vote délibératif ou consultatif ; les frères doivent être réunis plus souvent pour s'entretenir dans un dialogue vraiment fraternel, afin que leur participation et leur sollicitude pour le bien du monastère s'exercent d'une manière efficace. C'est pourquoi le Chapitre conventuel doit être aussi un lieu d'information sur les affaires du monastère, de la Congréga­tion et de l'Ordre, et aussi un endroit où les officiers rendent compte de leur adminis­tration et où les experts présentent les questions actuelles.

Art. 104 Que les sujets à traiter au Chapitre soient choisis avec la collaboration du Conseil plus restreint de l'Abbé, eu égard aux désirs et problèmes proposés par n'importe quel frère. Que le programme soit notifié à la communauté à temps et de façon opportune, afin de donner un délai pour étudier les ques­tions et y réfléchir. Dans certaines matières, il sera plus opportun que la ré­ponse soit donnée par écrit. Que l'obligation du secret soit limitée aux cho­ses requérant une discrétion absolue, mais qu'au dehors du monastère, les frères soient très discrets sur les affaires de la famille monastique.

Art. 105 En outre, dans chaque communauté, il faut prévoir des moyens adaptés par lesquels tous, y compris ceux qui demeurent hors du monastère, puissent être informés d'une manière régulière, en temps opportun et avec précision, des affaires du monastère, de la Congrégation et de l'Ordre.

Art. 106 Que le Conseil de l'Abbé, plus réduit par le nombre de membres, et com­munément appelé "conseil des anciens", soit opportunément convoqué pour tout sujet nécessaire et utile à la communauté, et en outre pour  les  affaires qui demandent le secret. Il est d'usage généralement que la commu­nauté élise la moitié de ce Conseil, l'autre moitié étant nommée par l'Abbé.

Art. 107 Par la mise en pratique de ces principes et conseils, les communautés pour­ront acquérir une nouvelle vigueur, elles seront des familles qui habitent la maison de Dieu dans la charité, et des milices fraternelles bien ordon­nées, jouissant d'une inébranlable unité, où chacun, en accomplissant sa tâche, est au service de tous et se sent fortifié par tous.

Chapitre 4 : LES INSTRUMENTS DES BONNES OEUVRES

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3   Juil.
5   Oct.
7   Jan.

A

vant tout, aimer le Seigneur Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa force. (Mc 12,30 Lc 10,27)

 2 Ensuite, le prochain comme soi-même. (Mc 12,31 Lc 10,27)

 3 Ensuite, ne point tuer. (allusion  Mt 19,18-19 Lc 18,20)

 4 Ne point commettre d'adultère. (allusion  Mt 19,18-19 Lc 18,20)

 5 Ne point voler. (allusion  Mt 19,18-19 Lc 18,20)

 6 Ne point convoiter. (Rm 13,9 Ex 20,17) (allusion  Mt 19,18-19 Lc 18,20)

 7 Ne point porter faux témoignage. (Mc 10,19) (allusion  Mt 19,18-19 Lc 18,20)

 8 Honorer tous les hommes. (1P 2,17)

 9 Ne point faire à autrui ce qu'on ne veut pas qu'on nous fasse. (Mt 7,12         Tb 4,16)

 10 Se renoncer  à soi-même pour suivre le Christ. (Mt 16,24 Lc 9,23)

 11 Châtier son corps. (1Co 9,27)

 12 Ne pas embrasser les délices.

 13 Aimer le jeûne.

 14 Soulager les pauvres.

 15 Vêtir qui est nu. (Mt 25,36)

 16 Visiter les malades.(Mt 25,36)

 17 Ensevelir les morts. (allusion à  Tb 12,13)

 18 Secourir qui est dans la tribulation.

 19 Consoler les affligés.

 20 Rompre avec les affaires du monde.

 21 Ne rien préférer à l'amour du Christ.

 22 Ne point se mettre en colère.

 23 Ne point se réserver un temps pour la vengeance.

 24 Ne pas nourrir de fausseté dans son cœur.

 25 Ne point donner une fausse paix.

 26 Ne jamais perdre la charité.

 27 Ne point jurer, de peur de se parjurer. (Mt 5,33  et ss.)

 28 Dire la vérité de cœur comme de bouche.

 29 Ne point rendre le mal pour le mal. (1P 3,9)

 30 Ne pas faire d'injustice, mais supporter patiemment celles qu'on nous fait.

 31 Aimer ses ennemis. (Mt 5,44 Lc 6,27)

 32 Ne pas maudire ceux qui nous maudissent mais plutôt les bénir. (Lc 6,28 1Co 4,12)

 33 Souffrir persécution pour la justice.

 34 N'être point orgueilleux. (Tt 1,7)

 35 Ni adonné au vin. (Tt 1,7)

 36 Ni grand mangeur.

 37 Ni endormi.

 38 Ni paresseux. (Rm 12,11)

 39 Ni murmurateur.

 40 Ni détracteur.

 41 Mettre en Dieu son espérance.

 42 Si l'on voit en soi quelque bien, l'attribuer à Dieu et non à soi-même.

 43 Se reconnaître, au contraire, toujours auteur du mal qui est en soi et se l'imputer.

 44 Craindre le jour du jugement.

 45 Redouter l'enfer.

 46 Désirer la vie éternelle de toute l'ardeur de l'esprit.

 47 Avoir chaque jour la menace de la mort devant les yeux.

 48 Veiller à toute heure sur les actions de sa vie.

 49 Tenir pour certain qu'en tout lieu Dieu nous regarde.

 50 Briser contre le Christ les pensées mauvaises, sitôt qu'elles naissent dans le cœur, et les découvrir à un père spirituel.

 51 Garder sa langue de tout propos mauvais ou pernicieux.

 52 Ne pas aimer à beaucoup parler.

 53 Ne pas dire de paroles vaines ou qui portent à rire.

 54 Ne point aimer le rire lourd ou bruyant.

 55 Entendre volontiers les saintes lectures.

 56 S'appliquer fréquemment à la prière.

 57 Confesser chaque jour à Dieu dans la prière avec larmes et gémissements ses fautes passées,

 58 et, de plus, se corriger de ses fautes.

 59 Ne pas accomplir les désirs de la chair. (Ga 5,16)

 60 Haïr sa volonté propre.

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