RÈGLE
DE NOTRE PÈRE
SAINT BENOÎT

Avec en correspondance
les articles de la
Déclaration
Règle : Traduction de Philibert SCHMITZ, 5ème
édition, revue entièrement par André Borias, édition Brepols (Turnhout,
Belgique, 1987)
Déclaration du Chapitre Général de l’an 2000 sur les
principaux éléments de la vie cistercienne aujourd’hui
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coute, mon fils, les
préceptes du Maître et prête l'oreille de ton cœur. Reçois volontiers
l'enseignement d'un si bon père et mets-le en pratique, 2 afin de
retourner par l'exercice de l'obéissance à celui dont t'avait éloigné la
lâcheté de la désobéissance. 3 C'est à toi donc maintenant que
s'adresse ma parole, à toi, qui que tu sois, qui renonces à tes volontés
propres et prends les fortes et nobles armes de l'obéissance, afin de combattre
pour le Seigneur Christ, notre véritable Roi.
4 Avant tout, demande-lui par une très instante
prière qu'il mène à bonne fin tout bien que tu entreprennes ; 5
ainsi, après avoir daigné nous admettre au nombre de ses enfants, il n'aura pas
sujet, un jour, de s'affliger de notre mauvaise conduite. 6 Car, en
tout temps, il faut avoir un tel soin d'employer à son service les biens qu'il
a mis en nous, que non seulement il n'ait pas lieu, comme un père offensé, de
priver ses fils de leur héritage, 7 mais encore qu'il ne soit pas
obligé, comme un maître redoutable et irrité de nos méfaits, de nous livrer à
la punition éternelle, tels de très mauvais serviteurs qui n'auraient pas voulu
le suivre jusqu'à la gloire.
Art. 1 Nous,
membres du Chapitre Général, réunis pour procéder à la rénovation adaptée de
notre Ordre, après mûre délibération, une fois entendus les différents avis,
nous avons décidé d'expliquer en premier lieu les éléments principaux de notre
vocation et de notre vie, pour, d'une certaine manière, établir les fondements
de tout le travail de rénovation.
Dans cette Déclaration, nous voulons donc exposer avec sincérité et honnêteté
ce que nous nous proposons dans la rénovation adaptée, quelles fins nous
voulons poursuivre, et par quelle voie nous nous efforcerons de les atteindre.
Art. 2 Cependant, par notre Déclaration, nous n'avons
en aucun cas l'intention d'empêcher des réflexions ultérieures ou des solutions
nouvelles, parce que les futures générations cisterciennes auront aussi le
droit et le devoir de chercher des formes meilleures et plus adaptées à la vie
monastique, comme l'ont fait les Fondateurs de Cîteaux au XIIe siècle et les
générations suivantes. En effet, nous ne suivrons en vérité les Pères
Fondateurs du "Nouveau Monastère" que si nous ne cessons de chercher
les voies et les moyens qui nous permettront de vivre notre vocation toujours
plus pleinement, selon la volonté de Dieu.
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evons-nous donc, enfin, l'Écriture nous y incite : "L'heure
est venue, dit-elle, de sortir de notre sommeil." (Rm 13,11).
9 Ouvrons les yeux à la lumière divine. Ayons les oreilles
attentives à la voix de Dieu qui nous crie chaque jour cet avertissement :
10 "Aujourd'hui, si vous entendez sa voix, n'endurcissez
pas vos cœurs" (Ps 94,8), 11 et ailleurs : "Qui a des oreilles entende ce
que l'Esprit dit aux Églises " (Ap
2,7). 12 Et que
dit-il ? "Venez, mes fils, écoutez-moi, je vous enseignerai la
crainte du Seigneur. (Ps 33,12). 13 Courez pendant que vous avez
la lumière de la vie, de peur que les ténèbres de la mort ne vous
saisissent." (Jn 12,35).
14 Le Seigneur,
cherchant son ouvrier dans la foule du peuple à laquelle il crie, dit
encore : 15 "Quel est l'homme qui veut la vie et désire
voir des jours heureux ?" (Ps
33,13). 16 Que si, à
cette demande, tu lui réponds : "C'est moi", Dieu te
réplique : 17 "Si tu veux avoir la vie véritable et
éternelle, interdis le mal à ta langue et à tes lèvres toute parole trompeuse ; détourne-toi du
mal et fais le bien ; cherche la paix avec ardeur et persévérance. (Ps 33,14-15). 18 Et lorsque vous agirez de la sorte,
mes yeux seront sur vous et mes oreilles attentives à vos prières, et avant
même que vous ne m'invoquiez, je vous dirai : 'Me voici.'" (allusion
Ps 33,16 Is 58,9) 19 Quoi de plus doux, frères très chers, que
cette voix du Seigneur qui nous invite ? 20 Voyez comme le Seigneur lui-même, dans sa
bonté, nous montre le chemin de la vie.
Art. 11
Il n'est pas dans notre intention de décrire des idéaux théoriques et éloignés
de la réalité de la vie pour conserver ou restaurer des formes tombées en
désuétude, mais bien d'examiner notre vie actuelle, réelle, de la perfectionner
et d'organiser les principes indispensables à sa rénovation. Nous devons
chercher à donner forme à la vie monastique cistercienne du XXIe siècle, vraie
et réelle, qui réponde à la vocation concrète que Dieu nous a donnée. En effet
Dieu nous appelle ici et maintenant, il nous veut saints dans cette époque et
ces circonstances ; il veut que nous suivions le Christ et demeurions au
service des hommes dans la charité, avec les possibilités de l'homme
d'aujourd'hui.
Nos travaux doivent toujours être fondés dans la vérité et la réalité
de la vie. Pour cela, dans cette Déclaration, nous voulons avoir constamment devant
les yeux les actions, possibilités, exigences et obligations de nos frères et
de nos communautés, comme aussi ceux de l'Église et de la vie du monde actuel.
Cependant, ce sens de la réalité ne signifie aucunement l'acceptation
ou l'approbation des imperfections et des défauts de la situation présente,
comme si, satisfaits de la réalité vulgaire et courante, nous ne voulions pas
tendre toujours à des choses meilleures. Nous rejetons avec raison une telle manière
de penser comme contraire à l'essence même de la vie religieuse et à la
recherche d'une vie de charité parfaite. Mais au contraire nous savons bien que
les idéaux et projets les plus sublimes n'ont aucune valeur si les hommes
auxquels ils sont proposés ne peuvent les accepter tout à fait librement et
spontanément, et les mettre efficacement en pratique.
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eignons donc nos reins de la foi et de la pratique des bonnes
oeuvres ; sous la conduite de l'Évangile, avançons dans ses chemins, afin
de mériter de voir Celui qui nous a appelés dans son royaume. (allusion
Eph 6,14-15 Lc 12,35 1Th 2,12) 22 Si nous voulons habiter dans la demeure de ce
royaume, sachons qu'on n'y parvient que si l'on y court par les bonnes actions.
23 Mais interrogeons le Seigneur en lui disant avec le prophète :
"Seigneur, qui habitera dans ta demeure ? Qui reposera sur ta
montagne sainte ? " (Ps
14,1) 24 Après cette demande, mes frères, écoutons la
réponse du Seigneur ; il nous montre la route de cette demeure en disant :
25 "C'est celui qui marche sans tache et accomplit la
justice ; 26 celui qui dit la vérité du fond de son cœur, qui
n'a pas prononcé de parole trompeuse, 27 qui n'a pas fait de tort à
son prochain, qui n'a pas accueilli des discours injurieux contre lui." (Ps 14,2-3) 28 C'est celui qui rejette loin des
regards de son cœur (allusion Ps 14,4) l'esprit malin qui le tente, et les suggestions qu'il
lui souffle, les réduit à rien, saisit les premiers rejetons de la pensée
diabolique et les brise contre le Christ. 29 Ce sont ceux qui,
craignant le Seigneur (allusion Ps 14,4), ne s'enorgueillissent pas de leur bonne observance,
mais qui, reconnaissant que le bien qui se trouve en eux ne peut venir
d'eux-mêmes mais du Seigneur, 30 glorifient le Seigneur qui agit en
eux, et lui disent avec le prophète (allusion Ps 14,4): Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, mais à ton
nom donne la gloire." (Ps 113,1) 31 De même l'apôtre Paul ne s'est
rien attribué du succès de sa prédication, mais dit : "C'est par la
grâce de Dieu que je suis ce que je suis", (1Co 15,10)
32 et encore : "Que celui qui se glorifie, se glorifie
dans le Seigneur." (2Co
10,17)
33 Aussi le Seigneur dit dans l'Évangile :
"Celui qui écoute mes paroles et les accomplit, je le comparerai à un
homme sage qui a bâti sa maison sur la pierre ; 34 les fleuves
ont débordé, les vents ont soufflé et se sont déchaînés sur cette maison ;
mais elle n'est point tombée, parce qu'elle était fondée sur la pierre." (Mt 7, 24-25)
35 Pour achever, le Seigneur attend de nous que
nous répondions chaque jour par nos oeuvres à ses saintes leçons. 36 S'il prolonge comme une trêve les jours de
notre vie, c'est pour l'amendement de nos péchés, 37 selon
cette parole de l'Apôtre : "Ignores-tu que la patience de Dieu te
convie à la pénitence ?" (Rm
2,4) 38 Car ce doux
Seigneur affirme : "Je ne veux pas la mort du pécheur, mais qu'il se
convertisse et qu'il vive." (Ez 33,11)
Art. 12
La rénovation de notre vie religieuse doit embrasser la vie entière, et pour
cette raison nous devons tenir compte de tous ses éléments constitutifs et
attribuer à chacun l'importance qui lui revient. Il serait complètement faux de
valoriser certains aspects de notre vie comme si en eux seuls se réalisait
l'essence de la vie cistercienne, et de négliger les autres comme accessoires
ou même comme un obstacle à la vraie vie monastique. Donc nous sommes et devons
être vraiment cisterciens à chacun des moments de notre vie, non seulement
quand nous nous réunissons pour la prière ou lorsque nous accomplissons les
observances communautaires, mais aussi dans les travaux, les études, le
ministère sacerdotal, la prière privée, le service des hommes dans leurs
nécessités et autres choses semblables.
Nous recherchons donc une vision intégrale qui joigne harmonieusement
tous les aspects de la vie en un unique service du Seigneur. Bien que certains
éléments de la vie cistercienne aujourd'hui ne concernent pas tous les membres
de l'Ordre (comme le sacerdoce) ou ne se réfèrent pas à tous les monastères
(comme l'éducation de la jeunesse ou le ministère pastoral), il faut cependant
les considérer avec une grande attention et reconnaître sincèrement leur
importance et leur valeur. Les éléments de la vie monastique qu'on trouvait à
peine ou pas du tout dans la Règle ou les débuts de l'Ordre de Cîteaux, ne
doivent pas être regardés comme secondaires ou suspects. Car la vie monastique,
comme tout ce qui vit, croît avec le cours du temps, évolue, assimile beaucoup
d'éléments nouveaux et abandonne de nombreux éléments anciens.
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orsque nous avons demandé au Seigneur, mes
frères, qui habitera dans sa demeure, nous avons appris ce qu'il faut faire
pour y demeurer. Puissions-nous accomplir ce qui est exigé de cet habitant!
40
Il nous faut donc préparer nos cœurs et nos corps aux combats de la sainte
obéissance à ses commandements.. 41 Quant à ce qui manque en nous
aux forces de la nature, prions le Seigneur d'ordonner à sa grâce de nous
prêter son aide. 42 Et si, désireux d'éviter les peines de l'enfer,
nous voulons parvenir à la vie éternelle, 43 tandis qu'il en est
temps encore et que nous sommes en ce corps et que nous pouvons accomplir tout
cela à la lumière de cette vie, 44 courons et faisons, dès ce
moment, ce qui nous profitera pour toute l'éternité.
45
C'est à cette fin que nous voulons fonder une école où l'on serve le Seigneur. 46
Dans cette institution, nous espérons ne rien établir de rude ni de pesant. 47
Si, toutefois, il s'y rencontrait quelque chose d'un peu rigoureux, qui
fût imposé par l'équité pour corriger nos vices et sauvegarder la charité, 48
garde-toi bien, sous l'effet d'une crainte subite, de quitter la voie du salut
dont les débuts sont toujours difficiles. 49 En effet, à mesure que
l'on progresse dans la vie religieuse et dans la foi, le cœur se dilate, et
l'on court dans la voie des commandements de Dieu, avec la douceur ineffable de
l'amour. 50 Ne nous écartons donc jamais de son enseignement, et
persévérant jusqu'à la mort dans sa doctrine au sein du monastère, participons
par la patience aux souffrances du Christ pour mériter d'avoir part à son
royaume. Amen.
Art. 13 Les formes institutionnelles, dans lesquelles se
manifeste aujourd'hui concrètement la réalité de la vie cistercienne, sont les
diverses communautés vivantes. Il est certain que nos communautés, selon le
cours du temps et dans les différentes régions, ont adopté des formes de vie
variées et des services divers. Cette diversité en elle-même ne doit pas être
déplorée comme une dégénérescence perverse, au contraire elle doit être
reconnue non seulement comme un fait indiscutable, mais aussi comme un signe de
vitalité et comme une invitation de Dieu pour agir. En effet, les valeurs et
les différentes fonctions de chaque Congrégation et monastère pourront, si la
confiance mutuelle prévaut, servir au progrès et au bien de tout l'Ordre par la
coopération des communautés. Car la concorde dans la diversité vaut beaucoup
mieux qu'une uniformité forcée et discordante. Pour cette raison, le Chapitre
Général approuve et encourage la légitime autonomie de chaque Congrégation et
monastère pour établir sa forme de vie, et se propose de les aider dans cette
tâche.
C'est pourquoi, dans le travail de rénovation, il est de la plus grande
importance que, avant tout, chaque communauté reconnaisse et reconsidère ses
finalités et valeurs propres, et adapte convenablement ses formes de vie. En
effet, le poids du travail incombe en premier lieu à chacune des communautés.
Le Chapitre Général désire seulement leur accorder son aide pour coordonner et
promouvoir l'effort de rénovation, mais il ne peut ni supprimer ni assumer la
part qui revient aux monastères et aux Congrégations.
Art.
14 Gardant tout cela à
l'esprit, nous désirons renouveler la réalité de la vie cistercienne de telle
manière qu'elle soit une continuation naturelle, et pour ainsi dire un
développement organique, de la tradition séculaire monastique et cistercienne.
Certainement nous voulons connaître (et avec plus d'exactitude qu'auparavant)
les traditions monastiques et cisterciennes, et nous prétendons y puiser le
maximum pour notre profit et inspiration. Cependant nous ne voulons pas que ces
traditions nous restreignent et nous empêchent de résoudre les problèmes
d'aujourd'hui que, à cause du profond changement des conditions de vie, les
anciens ne pouvaient connaître que bien peu ou même pas du tout. Il ne nous est
pas permis de renoncer à notre responsabilité propre dans l'organisation de
notre vie religieuse, ni de craindre de nouvelles voies ou solutions.
L'histoire doit être pour nous maîtresse de vie et non domination, elle doit
nous instruire et nous inspirer, mais jamais nous entraver.
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l est manifeste qu'il y a quatre catégories de
moines. 2 La première est celle des cénobites, c'est-à-dire de ceux
qui vivent en commun, dans un monastère, et combattent sous une règle et un
abbé.
3
La deuxième catégorie est celle des anachorètes ou ermites. Ceux-ci n'en sont
plus à la simple ferveur du début dans la vie religieuse. Formés par une longue
épreuve dans le monastère, 4 ils ont appris, grâce au soutien de
nombreux frères, à lutter contre le démon. 5 Bien exercés, ils
passent de cette armée fraternelle au combat solitaire du désert ; et,
sûrs désormais d'eux-mêmes, sans le secours d'autrui, ils peuvent soutenir,
Dieu aidant, avec leur seule main et leur seul bras, la guerre contre les vices
de la chair et des pensées.
6 La troisième catégorie de moines, fort
détestable, est celle des sarabaïtes (le mot est emprunté à Cassien, qui
l'aura trouvé en usage chez les moines d'Egypte) Ils n'ont pas été
éprouvés, comme l'or dans la fournaise, par une règle, maîtresse
d'expérience ; mais restant mous comme le plomb, 7 ils
demeurent fidèles au monde dans leur conduite, et, visiblement, mentent à Dieu
par leur tonsure (Au 6ème siècle, la tonsure consistait à porter les cheveux
courts, ni rasés comme chez les prêtres égyptiens, ni trop longs comme ceux des
laïques, surtout chez les barbares). 8 Ils vivent deux ou trois
ensemble, ou même tout seuls, sans pasteur, renfermés dans leur propre
bergerie, et non dans celle du Seigneur. La satisfaction de leurs désirs leur
sert de loi: 9 ils tiennent pour saint tout ce qu'ils pensent ou
préfèrent, et regardent comme illicite ce qui leur déplaît.
10 La quatrième catégorie de moines est celle
des gyrovagues. Ils passent toute leur vie à courir de province en province,
séjournant trois ou quatre jours dans les cellules les uns des autres. 11
Toujours en route, jamais stables, esclaves de leurs volontés propres et des
plaisirs de la bouche, ils sont pires en tout que les sarabaïtes.
12 Mais mieux vaut se taire que de parler de la
misérable condition de tous ces gens. 13 Laissons donc ces diverses
catégories de moines ; et, avec l'aide du Seigneur, venons-en à organiser
la si puissante catégorie des cénobites.
Art. 79 Pour suivre notre vocation, nous sommes entrés dans un monastère cistercien
que nous avons librement choisi pour y recevoir la doctrine de l'école du
service du Seigneur ; ensuite, par la profession, nous avons accepté volontairement
les occupations et l'idéal de vie de notre monastère. La vie monastique ne nous
a donc pas été imposée, mais nous l'avons acceptée par une consécration libre
et volontaire. Ainsi, nos communautés sont constituées de volontaires, qui
aspirent tous aux mêmes fins connues et désirées de tous, de telle manière que
nous vivions unanimes sous un même toit, n'ayant qu'un cœur et qu'une âme.
Art. 80 Le fondement de la communauté monastique est donc la
consécration libre et volontaire des moines, qui ont une grande estime pour les
valeurs et les occupations de la vie du monastère et les regardent comme leur
bien propre. Cette libre consécration et cette ardente conviction sont la
force motrice de l'observance des lois et de l'obéissance ; et elles sont
le fondement de toute la structure juridique. Si elles font défaut, la
communauté monastique, comme toute réunion de volontaires, ne peut plus
maintenir une réelle vitalité. Il est donc de la plus haute importance que les
moines gardent vive et fervente cette consécration par laquelle ils ont
librement accepté la vie monastique ; et il faut que l'ordonnance et
l'organisation de la vie communautaire tiennent compte de cette volonté libre
et de ce zèle, et s'appliquent à les promouvoir et à les stimuler.
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'abbé qui est jugé digne de gouverner le monastère doit se rappeler
sans cesse le titre qu'il porte et réaliser par ses actes le titre de
supérieur.
2 On croit fermement, en effet, qu'il tient la
place du Christ dans le monastère, puisqu'on l'appelle de son nom même, 3 selon
ces paroles de l'Apôtre : "Vous avez reçu l'esprit des fils
d'adoption, par lequel nous crions : Abba, c'est-à-dire Père". (Rm 8,15 Ga 4,6)
4 L'abbé ne doit donc rien enseigner, établir
ou commander qui s'écarte des préceptes du Seigneur ; 5 mais
ses ordres et ses enseignements doivent se répandre dans l'esprit de ses
disciples, comme un levain de la divine justice. 6 L'abbé doit se
souvenir sans cesse qu'au redoutable jugement de Dieu, il devra rendre un
compte exact de deux choses : de son enseignement et de l'obéissance de
ses disciples. 7 Qu'il sache que l'on imputera à la faute du pasteur
tout ce que le Père de famille trouvera de mécompte dans ses brebis.
8 Au contraire, c'est pour autant qu'il aura
consacré toute sa sollicitude pastorale à un troupeau turbulent et indocile, et
dépensé tous ses soins pour guérir leurs maladies spirituelles, 9
que lui-même sera absous au jugement du Seigneur et pourra lui dire avec le
prophète : "Je n'ai point caché ta justice, dans mon cœur : je
leur ai dit ta fidélité et ton salut, mais ils n'en ont fait aucun cas et ils
m'ont méprisé." (allusion Ps 39,11 Is 1,2 Ez 20, 27) 10 Alors, en punition, la mort frappera ces brebis qui
ont été rebelles aux soins de leur pasteur.
Art. 94 L'Abbé est avant tout pasteur d'âmes, c'est-à-dire que sa fonction est
en premier lieu spirituelle et ordonnée au bien des âmes. Son autorité est un
ministère qui a le caractère d'un humble service, en conformité avec la
doctrine et l'exemple du Christ dont il tient la place. Il convient qu'il exprime
et manifeste à ses frères cette charité paternelle dont Dieu le Père aime les
moines.
Art. 95 De plus, l'Abbé, en accomplissant l'office
d'interprète de la Sainte Écriture dans les multiples circonstances de la vie
quotidienne, est médiateur de la Parole de Dieu. Jamais l'Abbé ne peut se
mettre au dessus de la Parole de Dieu ; au contraire, il doit s'y
soumettre de plus en plus.
Art. 96 Non moins importante est cette autre tâche appelée
discernement des esprits par l'Apôtre. Que l'Abbé s'applique donc à discerner
si chacun de ses moines est conduit par l'Esprit de Dieu, ou bien s'il est
uniquement séduit par les aspirations purement terrestres de son propre
esprit, ou par les esprits de mensonge. Mais pour pouvoir discerner la voix de
l'Esprit de n'importe quelle autre voix, l'Abbé doit aussi être versé dans la doctrine
et l'expérience des choses spirituelles.
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elui qui accepte le nom d'abbé doit donc gouverner ses disciples par un
double enseignement, 12 c'est-à-dire leur montrer tout ce qui est
bon et saint par des actes plus encore que par des paroles. Aux disciples
réceptifs, il enseignera par ses paroles les commandements du Seigneur ;
aux cœurs durs et aux simples, il les fera voir par son exemple. 13
C'est aussi par ses actes qu'il apprendra à ses disciples à éviter ce qu'il
leur aura dénoncé comme contraire à la loi divine, de peur qu'après avoir
prêché aux autres, il ne soit lui-même réprouvé (allusion 1Co
9,27) 14 et que Dieu ne lui dise un jour à cause de
ses péchés : "Pourquoi proclames-tu mes lois et déclares-tu mon
alliance par ta bouche, alors que tu hais la discipline et que tu as rejeté mes
paroles ?" (Ps 49,16-17) 15 et encore : "Toi qui voyais un fétu dans
l'œil de ton frère, tu n'as pas vu la poutre dans le tien." (Mt 7,3)
16 Que l'abbé ne fasse donc point acception des
personnes dans le monastère. 17 Qu'il n'aime point l'un plus que
l'autre, si ce n'est celui qu'il trouvera plus avancé dans les bonnes actions
et l'obéissance. 18 L'homme libre ne sera pas préféré à celui qui
sera venu de l'esclavage, à moins qu'il n'y ait à cela une autre cause
raisonnable.
19 Si l'abbé juge,
pour un juste motif, pouvoir faire cette distinction, qu'il en use ainsi à
l'égard de chacun, de quelque condition qu'il soit ; hormis le cas susdit,
que chacun garde sa place ! 20 Car, libres ou esclaves, nous
sommes tous un dans le Christ (allusion Ga 3,28 Ep 6,8 Rm 2,11), et nous portons tous les mêmes armes, au
service d'un même Seigneur. Auprès de Dieu, en effet, il n'y a pas acception de
personnes. (allusion Col 3,25) 21
La seule chose qui nous distingue à ses yeux, c'est le fait d'être plus riche
que d'autres en bonnes oeuvres et en humilité.
22 L'abbé témoignera donc à tous une égale
charité ; et il n'y aura pour tous qu'une même discipline, appliquée selon
les mérites de chacun.
Art. 97 L'Abbé est le lien d'unité de la Communauté. Il doit promouvoir
l'entente de tous et de chacun des frères dans la poursuite des objectifs
communs, et coordonner les efforts et travaux de tous. Ainsi donc, il doit
grandement estimer, comprendre et traiter avec le respect qui lui est dû la
personnalité des frères. Il doit avoir pour tous du temps suffisant et être
disponible, avec un esprit ouvert ; il lui incombe de développer une
obéissance non pas quelconque, mais active et responsable de la part de tous,
et aussi une coopération généreuse des personnes, de telle manière que les
qualités de tous fructifient au service de Dieu. Qu'il s'efforce de susciter un
dialogue sincère et ouvert ; qu'il fasse part à tous les frères de tous
les sujets et projets de la vie du monastère, et des affaires concernant la vie
de la maison, car cela les touche de près. Qu'il assume cependant les
responsabilités qui lui reviennent en raison de sa charge, s'il doit prendre,
après un mûr examen, une décision jugée comme étant la volonté de Dieu.
Art. 98 L'Abbé, comme promoteur de l'unité, doit supprimer
autant qu'il le peut une certaine séparation entre lui et les frères ; il
doit vivre la vie communautaire avec eux, leur donnant un exemple de fidélité
et de zèle, réduisant au strict nécessaire les raisons d'absence du monastère.
Une fois élu Abbé, il ne cesse pas pour cela d'être moine et frère parmi les
frères, et, comme lien de l'unité et de la charité, qu'il ait soin de se donner
entièrement pour le bien des frères dans l'amour du Christ.
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ans son enseignement, l'abbé doit toujours suivre le modèle que lui
donne l'Apôtre quand il dit : "Reprends, supplie, menace." (2Tm 4,2)
24 Ainsi doit-il varier sa manière selon les
circonstances, mêlant douceurs et menaces, montrant tantôt la sévérité d'un
maître, tantôt la tendresse d'un père. 25 Ainsi, encore,
reprendra-t-il plus durement les indociles et les turbulents ; il
suppliera de progresser ceux qui sont obéissants, doux et patients ; quant
aux négligents et aux rebelles, nous l'avertissons de les menacer et de les
corriger.
26 Qu'il ne ferme pas les yeux sur les péchés
des délinquants. Mais qu'il les retranche autant qu'il le pourra, jusque dans
les racines, aussitôt qu'il les verra naître, se souvenant du malheur d'Héli,
grand-prêtre de Silo.(Héli avait négligé de corriger ses fils débauchés. Il
mourut de chagrin en apprenant le défaite ses siens allusion 1S 2,12
et ss) 27 Pour ce qui est des âmes plus délicates et
intelligentes, il lui suffira de les reprendre une fois ou deux par des
admonitions ; 28 tandis qu'il doit punir par des verges et
autres châtiments corporels les méchants, les opiniâtres, les superbes et les
désobéissants, et cela dès qu'ils commenceront à mal faire, sachant qu'il est
écrit :"L'insensé ne se corrige point par des paroles" ; (Pr 29,19) 29
et encore : "Frappe des verges ton fils et tu délivreras son âme de
la mort." (Pr 23,14)
Art. 115 L'Abbé Président gouverne la Congrégation dans l'esprit du Chapitre de la
Congrégation, et il est signe de l'union fraternelle par laquelle les monastères
sont liés entre eux. Il s'emploiera par son service à ce que, dans les familles
monastiques, s'épanouisse, s'affermisse et s'accroisse une vie monastique
conforme aux Constitutions de la Congrégation.
Il lui incombe d'encourager les relations entre les monastères pour le
bien de toute la Congrégation. Dans ce domaine, il convient que les Abbés et
les moines de chaque monastère aident l'Abbé Président en cultivant entre eux
des relations fraternelles, en s'accueillant mutuellement de bon gré, en collaborant
dans leurs préoccupations communes, en se réunissant pour des conférences sur
des sujets spirituels ou administratifs, en s'efforçant de toujours mieux se
connaître et s'estimer.
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'abbé doit toujours se rappeler ce qu'il est, se rappeler le titre
qu'il porte ; savoir qu'il est exigé davantage à qui a été confié
davantage. 31 Qu'il considère combien difficile et laborieuse
est la charge qu'il a reçue de conduire les âmes et de s'accommoder aux
caractères d'un grand nombre. Tel a besoin d'être conduit par les caresses, tel
autre par les remontrances, tel encore par la persuasion. 32 L'abbé
doit donc se conformer et s'adapter aux dispositions et à l'intelligence de
chacun, en sorte qu'il puisse, non seulement préserver de tout dommage le
troupeau qui lui est confié, mais encore se réjouir de l'accroissement de ce
bon troupeau. 33 Avant tout qu'il se garde de négliger ou de compter
pour peu le salut des âmes qui lui sont confiées, sans donner plus de soin aux
choses passagères, terrestres et caduques. 34 Qu'il pense sans cesse
que ce sont des âmes qu'il a reçues à conduire et qu'il devra en rendre compte.
35 Et, de peur qu'il ne se préoccupe à l'excès
de la modicité des ressources du monastère, il se rappellera qu'il est
écrit : "Cherchez d'abord le royaume de Dieu et sa justice : le
reste vous sera donné par surcroît"; (Mt 6,33) 36 et encore : "Rien ne manque à ceux qui le
craignent." (Ps 33,10)
37
Qu'il sache donc bien que ce sont des âmes qu'il a reçues à conduire ;
qu'il soit prêt à en rendre compte. 38 Quel que soit le nombre des
frères placés sous sa garde, qu'il sache avec certitude qu'au jour du jugement
il devra rendre comte au Seigneur de toutes ces âmes, et de plus, sans nul
doute, de la sienne propre. 39
Vivant ainsi dans la crainte constante de cet examen qui attend le pasteur au
sujet de ses brebis, c'est le souci même des comptes dus pour autrui qui le
rendra attentif sur lui-même, 40
et, en corrigeant les autres par ses avis, il se corrigera de ses propres
défauts.
Art. 123 L'Abbé Général, élu par le Chapitre Général, gouverne l'Ordre selon
l'esprit du Chapitre Général et les normes des Constitutions, en promouvant les
fins de notre union.
L'Abbé Général est :
a) promoteur et
lien de l'union fraternelle dans l'Ordre, surtout en étant prêt à s'adapter aux
coutumes de tous, en estimant, promouvant et représentant toutes les familles
de l'Ordre avec un intérêt équitable et impartial. Il fait siens les valeurs
et les idéaux communs de l'Ordre dans sa manière d'agir personnelle comme dans
ses actes officiels. Il est à l'unisson de l'Ordre, tel qu'il existe en réalité
dans nos communautés, s'intéressant avec un esprit ouvert à leurs
préoccupations, leurs dispositions et leurs opinions.
b) promoteur et
coordinateur des projets et plans communs qui dépassent les possibilités des
communautés ou Congrégations prises individuellement, et qui cependant sont
profitables à tous ou à beaucoup. Dans la conception ou l'élaboration de tels
projets, que lui-même prenne une part active tout en stimulant les initiatives
des autres, et ensuite qu'il aide à leur exécution par ses conseils et ses
actes.
c) usant, pour le
service de tous, de l'autorité que les Constitutions lui assignent, il est
père, bien plus, frère parmi les frères, dans l'esprit du Christ, plus soucieux
de servir que de dominer. Que dans ses lettres, sermons ou autres formes de
communications adressés à l'Ordre, il parle le langage d'un frère, d'un
condisciple, d'un co-serviteur du Seigneur, qui cherche avec ses frères la
vérité et la volonté de Dieu. Que lui-même, pleinement convaincu et conscient
des valeurs de la vocation religieuse, se préoccupe de montrer aux frères et aux
communautés les nouvelles perspectives et possibilités, et de leur communiquer
l'espérance de l'avenir.
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outes les fois qu'il y aura dans le monastère
quelque affaire importante à décider, l'abbé convoquera toute la communauté et
exposera lui-même ce dont il s'agit. 2 Après avoir recueilli l'avis
des frères, il délibérera à part soi et fera ensuite ce qu'il aura jugé le plus
utile. 3 Ce qui nous fait dire qu'il faut consulter tous les frères,
c'est que souvent Dieu révèle à un plus jeune ce qui est meilleur.
4 Les frères donneront leur avis en toute
humilité et soumission. Ils n'auront donc pas la hardiesse de soutenir
effrontément leur manière de voir, 5 mais il dépendra de l'abbé de décider
ce qui vaut le mieux ; et tous alors devront lui obéir. 6 Cependant, comme il convient aux
disciples d'obéir au maître, ainsi revient-il au maître de tout organiser avec
prévoyance et équité.
7 En toutes choses, donc, tous suivront cette
maîtresse qu'est la Règle, et personne ne se permettra de s'en écarter à la
légère. 8 Que nul dans le monastère ne suive la volonté de son
propre cœur ; 9 que nul n'ait la hardiesse de contester avec
son abbé insolemment, ou hors du monastère. 10 Si quelqu'un avait
cette hardiesse il serait soumis à la correction régulière.
11 L'abbé, toutefois, doit faire toutes choses
dans la crainte de Dieu et selon la Règle, persuadé que, sans doute aucun, il
aura à rendre compte de toutes ses décisions à Dieu, ce juge souverainement
équitable.
12 Pour les affaires moins importantes qui
intéressent le bien du monastère, l'abbé prendra seulement le conseil des
anciens, selon ce qui est écrit : 13 "Fais tout avec
conseil, et, après coup, tu ne t'en repentiras pas." (Si 32,24)
Art. 102 Le Chapitre conventuel participe au gouvernement de la maison, chaque
fois qu'il s'agit des affaires les plus importantes du monastère, et spécialement
dans les cas établis par les Constitutions de la Congrégation et par le droit
universel. Le Chapitre conventuel, par un acte vraiment collégial, élit l'Abbé
et prend collégialement les décisions concernant les activités du monastère,
l'admission et la formation des nouveaux candidats et l'administration des
biens.
Art. 103 Mais la fonction du Chapitre ne doit pas se
restreindre uniquement aux choses pour lesquelles les capitulants ont, selon le
droit universel ou particulier, vote délibératif ou consultatif ; les
frères doivent être réunis plus souvent pour s'entretenir dans un dialogue
vraiment fraternel, afin que leur participation et leur sollicitude pour le
bien du monastère s'exercent d'une manière efficace. C'est pourquoi le Chapitre
conventuel doit être aussi un lieu d'information sur les affaires du monastère,
de la Congrégation et de l'Ordre, et aussi un endroit où les officiers rendent
compte de leur administration et où les experts présentent les questions
actuelles.
Art. 104 Que les sujets à traiter au Chapitre soient choisis
avec la collaboration du Conseil plus restreint de l'Abbé, eu égard aux désirs
et problèmes proposés par n'importe quel frère. Que le programme soit notifié à
la communauté à temps et de façon opportune, afin de donner un délai pour
étudier les questions et y réfléchir. Dans certaines matières, il sera plus
opportun que la réponse soit donnée par écrit. Que l'obligation du secret soit
limitée aux choses requérant une discrétion absolue, mais qu'au dehors du
monastère, les frères soient très discrets sur les affaires de la famille
monastique.
Art. 105 En outre, dans chaque communauté, il faut prévoir des
moyens adaptés par lesquels tous, y compris ceux qui demeurent hors du
monastère, puissent être informés d'une manière régulière, en temps opportun et
avec précision, des affaires du monastère, de la Congrégation et de l'Ordre.
Art. 106 Que le Conseil de l'Abbé, plus réduit par le nombre de
membres, et communément appelé "conseil des anciens", soit
opportunément convoqué pour tout sujet nécessaire et utile à la communauté, et
en outre pour les affaires qui demandent le secret. Il est
d'usage généralement que la communauté élise la moitié de ce Conseil, l'autre
moitié étant nommée par l'Abbé.
Art. 107 Par la mise en pratique de ces principes et conseils,
les communautés pourront acquérir une nouvelle vigueur, elles seront des
familles qui habitent la maison de Dieu dans la charité, et des milices
fraternelles bien ordonnées, jouissant d'une inébranlable unité, où chacun, en
accomplissant sa tâche, est au service de tous et se sent fortifié par tous.
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vant tout, aimer le Seigneur Dieu de tout son
cœur, de toute son âme, de toute sa force. (Mc 12,30 Lc 10,27)
2 Ensuite, le prochain comme soi-même. (Mc 12,31 Lc 10,27)
3 Ensuite, ne point tuer. (allusion Mt 19,18-19
Lc 18,20)
4 Ne point commettre d'adultère. (allusion
Mt 19,18-19 Lc 18,20)
5 Ne point voler. (allusion Mt
19,18-19 Lc 18,20)
6 Ne point convoiter. (Rm 13,9 Ex 20,17) (allusion Mt 19,18-19 Lc 18,20)
7 Ne point porter faux témoignage. (Mc 10,19) (allusion Mt 19,18-19 Lc 18,20)
8 Honorer tous les hommes. (1P 2,17)
9 Ne point faire à autrui ce qu'on ne veut pas
qu'on nous fasse. (Mt 7,12 Tb 4,16)
10 Se renoncer
à soi-même pour suivre le Christ. (Mt 16,24 Lc 9,23)
11 Châtier son corps. (1Co 9,27)
12 Ne pas embrasser les délices.
13 Aimer le jeûne.
14 Soulager les pauvres.
15 Vêtir qui est nu. (Mt 25,36)
16 Visiter les malades.(Mt 25,36)
17 Ensevelir les morts. (allusion à Tb
12,13)
18 Secourir qui est dans la tribulation.
19 Consoler les affligés.
20 Rompre avec les affaires du monde.
21 Ne rien préférer à l'amour du Christ.
22 Ne point se mettre en colère.
23 Ne point se réserver un temps pour la
vengeance.
24 Ne pas nourrir de fausseté dans son cœur.
25 Ne point donner une fausse paix.
26 Ne jamais perdre la charité.
27 Ne point jurer, de peur de se parjurer. (Mt 5,33
et ss.)
28 Dire la vérité de cœur comme de bouche.
29 Ne point rendre le mal pour le mal. (1P 3,9)
30 Ne pas faire d'injustice, mais supporter
patiemment celles qu'on nous fait.
31 Aimer ses ennemis. (Mt 5,44 Lc 6,27)
32 Ne pas maudire ceux qui nous maudissent mais
plutôt les bénir. (Lc 6,28
1Co 4,12)
33 Souffrir persécution pour la justice.
34 N'être point orgueilleux. (Tt 1,7)
35 Ni adonné au vin. (Tt 1,7)
36 Ni grand mangeur.
37 Ni endormi.
38 Ni paresseux. (Rm 12,11)
39 Ni murmurateur.
40 Ni détracteur.
41 Mettre en Dieu son espérance.
42 Si l'on voit en soi quelque bien, l'attribuer
à Dieu et non à soi-même.
43 Se reconnaître, au contraire, toujours auteur
du mal qui est en soi et se l'imputer.
44 Craindre le jour du jugement.
45 Redouter l'enfer.
46 Désirer la vie éternelle de toute l'ardeur de
l'esprit.
47 Avoir chaque jour la menace de la mort devant
les yeux.
48 Veiller à toute heure sur les actions de sa
vie.
49 Tenir pour certain qu'en tout lieu Dieu nous
regarde.
50 Briser contre le Christ les pensées
mauvaises, sitôt qu'elles naissent dans le cœur, et les découvrir à un père
spirituel.
51 Garder sa langue de tout propos mauvais ou
pernicieux.
52 Ne pas aimer à beaucoup parler.
53 Ne pas dire de paroles vaines ou qui portent
à rire.
54 Ne point aimer le rire lourd ou bruyant.
55 Entendre volontiers les saintes lectures.
56 S'appliquer fréquemment à la prière.
57 Confesser chaque jour à Dieu dans la prière
avec larmes et gémissements ses fautes passées,
58 et, de plus, se corriger de ses fautes.
59 Ne pas accomplir les désirs de la chair. (Ga 5,16)
60 Haïr sa volonté propre.
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