
Ne rien préférer à
l'Oeuvre de Dieu (RB ch.4)
L'Opus Dei est la vraie réalisation de l'obéissance, qu'on cherche par amour du Christ, non seulement l'obéissance à l'abbé, mais aussi l'obéissance aux frères (RB 72,11).
L'Opus Dei a la première place dans la vie commune, parce que c'est le Christ qui y a la première place, le Christ écouté et servi dans la vie fraternelle. Par conséquent l'Opus Dei est vraiment service du Christ.
L'Opus Dei a pour Benoit la première place tant dans la structure de la RB que dans la doctrine et la pratique de la règle parce que l'Opus Dei est la réalisation concrète de l'obéissance, du silence, de l'humilité, parce que dans l'Opus Dei se réalise le service mutuel qui est l'amour envers le Christ, amour par lequel le moine est toujours dans l'attente de Son retour toujours dans la vigile pascale avec le Christ ressuscité présent parmi nous.
L'expérience
des vigiles – louange nocturne – est un des plus utiles pour la vie
monastique, parce qu'il nous dit que nous nous sommes des hommes toujours
ouverts au futur, toujours en attente. Plus encore, cela fait comprendre la vie
monastique comme écoute. Il est difficile de voir dans l'obscurité, il est nécessaire
de prêter l'oreille pour écouter. Il faut aussi de la patience pour attendre
l'aurore, pour que la rencontre au moins sacramentelle, ait lieu, avec le Christ
ressuscité, notre Seigneur.
L'Office
divin est fixé, dans ses divers moments, au moyen du soleil, et conduit le
moine à une expérience réelle et concrète de Dieu Créateur, source des
saisons, tout cela principalement durant les vigiles, où il arrive que le moine
en ait une expérience presque dure. Dans l'obscurité, l'homme se découvre
lui-même sans défense, incapable et sans aide, impuissant, et il comprend sa
condition de créature. Son unique espérance est en Dieu, le Créateur de la
lumière, que l'homme attend avec patience et espérance.
Les
vigiles étaient pour Benoît une expérience quotidienne, ou plus exactement,
une expérience nocturne, de la dimension pascale essentielle et existentielle
de la vie monastique. Dans la vigile le moine perçoit d'une manière presque
tangible la réalité de sa vie, c'est-à-dire que sa vie est une existence dans
la foi, pour laquelle il faut la patience, l'espérance et la foi.
Il
faut attendre, veiller, demeurer dans l'attente en écoutant la Parole de Dieu,
qui exprime ses promesses. Dans le noir, en écoutant ces paroles, les moines se
les proclament l'un à l'autre, tandis que, ensemble, ils veillent dans
l'attente du grand événement de la Pâque éternelle, c'est à dire, du
royaume éternel, et ils louent le Dieu créateur. Pour cela nous pouvons être
heureux, demeurant avec joie et espérance dans l'attente de Sa venue !
(notes du cours donné par le P. Wathen, osb,
à l'université pontificale de Saint Anselme)